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Vous vivez à l'étranger : quels impôts sur vos revenus français ?

Ce qui reste imposable en France quand vous n'y habitez plus, et comment payer moins grâce au taux moyen.

Si votre domicile fiscal est hors de France, vous n'êtes imposé en France que sur vos revenus de source française (loyers, salaires, pensions, dividendes, vente d'un bien...). ​La convention entre la France et votre pays de résidence peut réduire ou supprimer cet impôt, revenu par revenu. ‌Un impôt minimum de 20 % (parfois 30 %) s'applique, mais vous pouvez demander le taux moyen, souvent bien plus avantageux.‌

En chiffres

20 %impôt minimum sur vos revenus de source française
19 %prélèvement lors de la vente d'un immeuble situé en france
305 €en dessous, le taux minimum de 20 % ne s'applique pas
12,8 %prélèvement obligatoire sur un rachat d'assurance-vie

Votre situation est-elle concernée ?

Cochez les situations qui vous ressemblent.

Votre sélection s'affichera ici.

À comprendre avant d'agir

Seuls vos revenus français sont taxés

Une fois votre domicile fiscal hors de France, la France ne vous impose que sur vos revenus de source française. ​Vos revenus perçus dans votre nouveau pays n'entrent pas dans l'impôt français.​

La convention passe avant tout

L'accord fiscal (« convention ») entre la France et votre pays de résidence se lit revenu par revenu et l'emporte sur la règle française. ​Pour chaque revenu, elle dit si la France a le droit d'imposer et à quel taux maximum. ​Ce n'est jamais un choix global.‌

Un impôt minimum de 20 % (puis 30 %)

Votre impôt sur le revenu ne peut pas être inférieur à 20 % du revenu net imposable, puis 30 % au-delà d'un certain seuil (14,4 % puis 20 % pour les revenus des DOM). ​C'est un plancher : si le barème classique donne plus, c'est le barème qui s'applique.‌

Le taux moyen : votre meilleur levier

Si vous justifiez que le taux calculé sur l'ensemble de vos revenus mondiaux serait inférieur à 20 %, ce « taux moyen » remplace le minimum. ​Exemple : sur 10 500 € de loyers, le minimum donne 2 100 €, mais un taux moyen de 2,37 % ne donne que 249 €.​

Moins de déductions qu'un résident

En non-résident, vous ne déduisez pas vos charges du revenu global et n'avez pas droit aux réductions et crédits d'impôt. ​Exceptions : les déficits fonciers restent imputables, et la pension alimentaire est déductible au seul calcul du taux moyen.‌

Vente d'un bien : un prélèvement de 19 %

La vente d'un immeuble français est soumise à un prélèvement libératoire de 19 % (art. ​244 bis A), avec les mêmes abattements pour durée de détention qu'un résident, plus les prélèvements sociaux. ‌Au-delà d'un certain prix, un représentant fiscal accrédité est exigé.​

Prélèvements sociaux : rien sauf sur l'immobilier

Vous êtes exonéré de CSG/CRDS sur vos revenus non immobiliers (dividendes, plus-values de titres, rachats d'assurance-vie). ​Sur l'immobilier : 7,5 % seulement si vous êtes affilié à la Sécurité sociale d'un pays UE/EEE/Suisse, sinon 17,2 %.​

Assurance-vie : PFL obligatoire

Sur un rachat, le prélèvement forfaitaire est obligatoire : 12,8 % (primes versées depuis le 27/09/2017), avec option pour 7,5 % après 8 ans. ‌Les abattements annuels ne s'appliquent pas, et le taux monte à 75 % si vous résidez dans un pays non coopératif (ETNC).​

Exemple : sur 10 500 € de loyers, taux minimum ou taux moyen ?

Au taux minimum (20 %)
2 100 €
Au taux moyen (2,37 %)
249 €

En demandant le taux moyen (case 8 TM), vous pouvez payer bien moins que le minimum de 20 %.

Source : BOI-IR-DOMIC-10-20-10, § 390 (exemple illustratif)

Prélèvements sociaux sur l'immobilier : tout dépend de votre couverture sociale

7,5 %
Affilié à la Sécurité sociale d'un pays UE, EEE ou Suisse
17,2 %
Affilié dans un autre pays

Sur vos autres revenus français (dividendes, rachat d'assurance-vie...), vous ne payez aucun prélèvement social.

Source : CSS art. L136-7 ; BOI-IR-DOMIC-10-20-10, § 210

Comment se calcule votre impôt français, étape par étape

Étape 1

Votre domicile fiscal

Une fois installé hors de France, seuls vos revenus de source française restent imposables ici.

Étape 2

La liste de vos revenus français

Loyers, salaires, pensions, dividendes, vente d'un bien... on recense ce qui vient de France.

Étape 3

La convention avec votre pays

L'accord fiscal se lit revenu par revenu et l'emporte sur la règle française : il peut réduire ou supprimer l'impôt.

Étape 4

Le calcul de l'impôt

Barème avec un minimum de 20 %, puis 30 %, sauf si le taux moyen sur vos revenus mondiaux est plus bas.

Chaque étape peut changer le résultat : mieux vaut la dérouler avec votre conseiller.

Source : CGI art. 197 A ; BOI-IR-DOMIC-10-20-10 ; BOI-INT-DG-20-20-100, § 30

Votre cas, ce que prévoit la règle

Votre situationCe qui s'appliqueFondement
Votre domicile fiscal est hors de France Vous n'êtes imposé en France que sur vos seuls revenus de source française. CGI art. 4 A ; BOI-IR-DOMIC-10-20-10, § 1
Une convention fiscale existe avec votre pays Elle prime sur la règle française et répartit le droit d'imposer revenu par revenu. CGI art. 4 B ; BOI-INT-DG-20-20-100, § 30
Vos revenus français sont imposés au barème Impôt minimum de 20 % jusqu'à un seuil, puis 30 % (14,4 % puis 20 % pour les DOM). CGI art. 197 A ; BOI-IR-DOMIC-10-20-10, § 360
L'impôt minimum donnerait moins de 305 € Le taux minimum n'est pas appliqué. CGI art. 197 A ; BOI-IR-DOMIC-10-20-10, § 370
Votre taux calculé sur les revenus mondiaux est plus bas Le taux moyen s'applique à vos seuls revenus français, sans réclamation préalable (case 8 TM). CGI art. 197 A ; BOI-IR-DOMIC-10-20-10, § 390-400
Vous êtes imposé au barème comme non-résident Pas de déduction des charges du revenu global ni de réductions/crédits (sauf déficits fonciers et pension au taux moyen). CGI art. 164 A ; BOI-IR-DOMIC-10-20-10, § 210-220
Vous recevez un salaire, une pension ou une rente de France Retenue à la source à barème 0 / 12 / 20 %, la part à 12 % étant libératoire de l'impôt. CGI art. 182 A ; BOI-IR-DOMIC-10-20-20-10
Vous vendez un immeuble français (ou des titres à prépondérance immobilière) Prélèvement libératoire de 19 % (art. 244 bis A), représentant fiscal accrédité le cas échéant. CGI art. 244 bis A ; BOI-RFPI-PVINR-20-10, § 10
Vous avez des revenus/plus-values immobiliers et êtes affilié UE/EEE/Suisse Prélèvement de solidarité de 7,5 % seul ; 17,2 % si affilié dans un État tiers. CSS art. L136-7 ; BOI-IR-DOMIC-10-20-10, § 210
Vous avez des revenus français non immobiliers (dividendes, rachat d'AV...) Exonération de CSG/CRDS et du prélèvement de solidarité. CSS art. L136-6, I bis
Vous résidez hors UE/EEE et détenez/vendez un bien en France Désignation d'un représentant fiscal sur demande ou pour la plus-value ; dispense pour les résidents UE/EEE (hors Liechtenstein). CGI art. 164 D ; BOI-IR-DOMIC-10-20-10, § 350
Vous faites un rachat sur votre assurance-vie PFL obligatoire (12,8 %, option 7,5 % après 8 ans) ; abattements annuels non applicables ; 75 % si résidence en ETNC. BOI-IR-DOMIC-10-20-10 ; règle 11 du document

Les pièges à éviter

Ne réglez pas votre impôt sans demander le taux moyen

Le taux minimum de 20 % n'est qu'un plancher. Si votre taux réel sur l'ensemble de vos revenus mondiaux est plus bas, cochez la case 8 TM de la 2042 C et gardez vos justificatifs : vous pouvez y avoir droit même sans aucun revenu à l'étranger.

Lisez la convention revenu par revenu, pas en bloc

La convention n'est jamais une option globale : chaque type de revenu (loyer, dividende, salaire...) suit sa propre règle. Un revenu peut être imposable en France et un autre non. Vérifiez chaque catégorie avant de conclure.

Anticipez le représentant fiscal avant de vendre

Si vous vendez un bien français en résidant hors UE/EEE, un représentant fiscal accrédité peut être exigé selon le prix. Prévoyez-le en amont : sa désignation peut aussi résulter d'un simple courrier de votre part avant tout contrôle.

N'attendez pas les abattements d'assurance-vie

Sur un rachat en non-résident, le prélèvement forfaitaire est obligatoire et les abattements annuels ne s'appliquent pas. Attention au taux de 75 % si vous résidez dans un pays non coopératif : la convention peut toutefois réduire ce taux.

Hauts revenus : la CEHR reste due, mais pas la nouvelle CDHR

Si vos revenus de source française sont élevés, vous restez redevable de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), sous réserve de ce que prévoit la convention. En revanche, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), créée par la loi de finances pour 2025, ne vise que les résidents fiscaux français : elle ne vous concerne pas.

Ne comptez pas sur les crédits d'impôt conventionnels comme un remboursement

Les crédits d'impôt prévus par la convention pour éviter la double imposition ne sont ni restituables ni reportables : ils s'imputent, mais un excédent est perdu.

Vérifiez vos réflexes

Cliquez sur votre réponse — la bonne réponse s'affiche aussitôt.

Vous vivez désormais à l'étranger. Sur quels revenus la France peut-elle encore vous imposer ?

Une fois votre domicile fiscal hors de France, seuls vos revenus de source française (loyers, salaires, dividendes français...) restent imposables en France.

On vous applique l'impôt minimum de 20 %. Comment pouvez-vous payer moins ?

Le taux de 20 % n'est qu'un plancher : en cochant la case 8 TM, vous pouvez appliquer le taux moyen calculé sur l'ensemble de vos revenus mondiaux s'il est inférieur.

Vous vendez un appartement situé en France alors que vous vivez à l'étranger. Quel prélèvement s'applique sur la plus-value ?

La vente d'un immeuble français est soumise à un prélèvement de 19 % (art. 244 bis A), auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux.

Des cas concrets à travailler ensemble

Cas avancé

Presque tous ses revenus viennent de France : le cas Schumacker

Hélène, 63 ans, s'installe en Espagne pour se rapprocher de sa fille. Sa retraite française et les loyers d'un appartement à Lyon forment la quasi-totalité de ce qu'elle gagne ; en Espagne, elle ne perçoit presque rien. En non-résidente « classique », elle perdrait toutes les réductions et tous les crédits d'impôt. Mais parce que l'essentiel de ses revenus reste de source française, elle peut demander à être traitée presque comme une résidente — une situation dite « Schumacker » — et récupérer ces avantages.

Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller vérifie que l'essentiel des revenus est bien de source française, monte le dossier justificatif année après année et chiffre le gain réel par rapport à une imposition de non-résident classique.

Cas avancé

Lever ses stock-options françaises une fois installé à l'étranger

Karim, 45 ans, cadre dirigeant, quitte Paris pour Lisbonne. Deux ans plus tard, il lève les stock-options reçues de son ancien employeur français. Il croit que, vivant désormais à l'étranger, ce gain échappe à la France. En réalité, ce gain de levée est traité comme un salaire de source française : il subit une retenue à la source, et c'est la convention entre la France et le Portugal, lue ligne à ligne, qui départage qui impose vraiment quoi.

Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller qualifie chaque forme de gain (stock-options, actions gratuites, BSPCE), articule la retenue française avec la convention pour éviter une double imposition, et cadre le moment de la levée pour ne pas déclencher plus d'impôt que nécessaire.

Chaque situation est particulière

Vous vous êtes reconnu dans cette fiche ? La prochaine étape est un échange concret, chiffres de votre dossier à l'appui.

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À lire ensuite

Références officielles

Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.

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