Comment nous mesurons ce que votre fonds vous rapporte vraiment
Quand vous placez votre épargne dans un fonds, vous payez une équipe de gestion. Notre travail : vérifier, chiffres en main, si cette équipe vous rapporte plus que ce qu'elle vous coûte. Voici notre méthode, sans jargon, et avec ses limites, dites honnêtement.
- Notre moteur classe chaque trimestre 5 000 à 6 000 fonds accessibles en assurance-vie, du plus prometteur au plus décevant.
- Depuis 2015, les 25 fonds qu'il place en tête font mieux que le fonds typique du marché de +0,7 à +1,5 point par an, et mieux que les 25 fonds qu'il place en queue de +2,6 à +3,6 points par an (fourchettes : la moitié centrale de 19 jeux de test).
- Face à l'ETF MSCI Europe pris au même niveau de risque, notre panier fait mieux depuis 2015 (+0,6 à +1,1 % par an), mais plus depuis 2020 (−0,8 à +0,1 %), et sans égaliser le risque il reste derrière l'ETF, comme l'ensemble des fonds actifs : nous l'affichons plutôt que de le lisser.
- Le gain le plus fiable vient d'éviter les fonds durablement décevants : les 25 fonds en queue de classement perdent encore 3,3 à 3,7 % par an face à leur panier d'ETF de référence l'année suivante.
- Deux paniers officiels de 25 fonds, construits classe d'actifs par classe d'actifs, sont suivis en conditions réelles à partir de leur publication, selon un protocole fixé à l'avance. Ce sont des mesures de recherche, pas une promesse. Détails et chiffres complets : notre approche mesurée et la note de recherche.
Des frais discrets, un manque à gagner bien réel
Un fonds d'investissement prélève chaque année des frais courants, la rémunération de sa gestion, déduite directement de votre performance, souvent sans que vous les voyiez passer. Ajoutez les frais du contrat qui le porte et, parfois, ceux d'une gestion pilotée : un fonds actions logé dans un plan d'épargne retraite coûte en moyenne 2,75 % par an, toutes couches confondues (CCSF). Sur 10 000 € placés dix ans dans un portefeuille type d'un investisseur individuel, environ 1 700 € partent en frais (ESMA).
Or les études, les nôtres comme la recherche académique, convergent : le fonds moyen rapporte à peu près ce que rapportent les marchés… moins ses frais. Un « indice », c'est un panier qui suit tout un marché automatiquement, sans gérant à payer ; un ETF est le fonds coté qui le réplique à bas coût, et c'est à un panier d'ETF que nous comparons chaque fonds. Année après année, cet écart en apparence minuscule se cumule : un point de frais annuel en trop, c'est environ 21 % du capital final en moins au bout de 25 ans.
Figure A, La course aux 100 €
Ce qu'il faut voir : les deux lignes partent du même point, et l'écart ne cesse de se creuser, c'est l'effet « boule de neige » des frais. Au bout de 25 ans, 100 € deviennent environ 236 € avec 1,5 % de frais, contre 149 € avec 3,4 % : 88 € de moins, soit près de 37 %. Illustration à hypothèses simplifiées : 5 % brut par an, frais constants, pas une prévision. Sur 100 000 €, l'écart est de 88 000 €.
L'empreinte alpha : la forme complète, pas un chiffre unique
Pour chaque fonds, nous reconstituons un panier d'indices qui se comporte comme lui. La différence entre ce que le fonds a réellement rapporté et ce qu'aurait rapporté ce panier, une fois tous les frais payés, s'appelle l'alpha : c'est la valeur réellement ajoutée (ou détruite) par la gestion.
Un chiffre unique peut mentir : un bon millésime, un coup de chance. Nous mesurons donc l'alpha sur des fenêtres roulantes, toutes les périodes d'un an possibles des cinq dernières années, décalées d'un mois à chaque fois. Des dizaines de mesures au lieu d'une, dont nous regardons la forme complète : la régularité, les hauts, les bas. C'est cette forme (pas le niveau de performance, qui ne dit rien de l'avenir) que notre modèle utilise pour classer les fonds.
À quoi ressemble une empreinte alpha : exemple fictif, à but pédagogique
Ce qu'il faut voir : chaque empreinte résume toutes les fenêtres d'un an observées. Plus la masse est à droite du zéro (en bleu), plus le fonds a régulièrement fait mieux que son panier d'ETF, net de frais ; l'aiguille marque la valeur médiane. Ce fonds fictif serait plutôt bon, la plupart des fonds réels ont leur masse à gauche. Vous trouverez l'empreinte réelle de chaque fonds sur sa fiche.
Éviter les fonds décevants rapporte plus que chercher les futurs champions
Repérer les fonds décevants : ça marche
Les fonds qui détruisent durablement de la valeur laissent des traces statistiques nettes : frais élevés, exécution médiocre, fragilité en crise. Dans nos tests, les 25 fonds que notre classement place en queue perdent encore 3,3 à 3,7 % par an face à leur panier d'ETF de référence l'année suivante.
Prédire les futurs champions : quasi impossible
Soyons honnêtes : ni nous, ni la recherche académique, ne savons dire combien un fonds rapportera. Dès que les tests sont protégés de toute information venue du futur, le pouvoir de prédiction du niveau tombe à zéro. Même les fonds « cinq étoiles » affichent, en moyenne, un alpha futur négatif, et les 25 fonds que notre modèle place en tête aussi, légèrement (−0,8 à 0,0 % par an) : ils font mieux que la moyenne sans battre leur panier d'ETF. Quiconque vous promet le contraire vous vend du rêve.
Notre rôle : vous aider à éviter et remplacer
La conclusion s'impose : le gain le plus fiable ne vient pas de la chasse aux pépites, mais du remplacement, dans une même catégorie, des fonds durablement décevants par des alternatives mieux classées : souvent de simples fonds indiciels à frais réduits. Dans un PER, une assurance-vie ou un contrat de capitalisation, l'assureur impose son univers de fonds : on ne choisit pas librement, on choisit au mieux dans le menu, et c'est là que le classement sert. Le classement est recalculé chaque trimestre ; c'est l'ordre des fonds que nous utilisons, jamais une prévision de rendement.
Figure B, L'escalier du tri
Ce qu'il faut voir : plus on part de bas dans le classement, plus le tri rapporte. Face aux fonds à éviter, les 25 fonds les mieux classés rapportent 2,6 à 3,6 points par an de plus ; face au fonds typique du marché, ce que l'on détient sans conseil, 0,7 à 1,5 point. Fourchettes : la moitié centrale de 19 jeux de test, millésimes 2015 et après ; la barre marque la valeur médiane. Ce sont des mesures de recherche, pas une promesse. Détail dans notre note de recherche.
Comment le classement est construit, et comment nous le vérifions
Notre philosophie est simple : ne jamais laisser le modèle voir l'avenir qu'on lui demande de prédire. Le moteur, un réseau de neurones (un modèle d'apprentissage automatique) dont on moyenne cinq entraînements, apprend sur le passé de chaque fonds : environ 960 caractéristiques tirées de son empreinte alpha, de ses frais et de son comportement en crise, puis classe les fonds pour les douze mois suivants. Un trimestre n'entre en apprentissage que lorsque sa cible à 12 mois est entièrement réalisée. Ce contrôle compte : dans un monde simulé où aucun gérant n'a de talent, une purge trop courte fabrique +9,2 % par an d'avantage fictif avec 100 % de réussite ; la purge complète le ramène à zéro.
Chaque chiffre est une fourchette, pas un point : le test est rejoué sur 19 partages des fonds entre apprentissage et évaluation, et nous affichons la moitié centrale des résultats, ni le meilleur ni le pire. Chaque test est écrit avant d'être lancé (124 expériences numérotées, 57 décisions journalisées), et chaque écart publié est recalculé depuis les prix bruts.
11 209
fonds actifs suivis, sur un historique 2000-2026
86
fenêtres de cinq ans rejouées, crises incluses
33
catégories, couvrant 99,7 % des fonds
19
jeux de test, dont nous publions la moitié centrale
Chaque fonds est comparé à son panier d'ETF de référence, choisi parmi 3 876 ETF candidats et réduits à 18 ETF de référence. Chaque trimestre, 5 000 à 6 000 fonds reçoivent un score ; chaque panier officiel en retient 25, choisis classe d'actifs par classe d'actifs (actions, obligations…) aux mêmes parts que le fonds médian.
Le suivi en conditions réelles porte sur deux paniers de 25 fonds : le panier A, comparé aux 25 fonds les moins bien classés, et le panier B, comparé à l'ETF MSCI Europe pris au même niveau de risque. Il part de leur date de publication. Les règles de lecture sont fixées à l'avance : la sélection est confirmée si le panier A dépasse les 25 fonds les moins bien classés de 1,5 % par an ou plus et que le panier B fait au moins jeu égal avec l'ETF, deux trimestres de suite ; elle passe en alerte si le panier A fait moins bien que ces 25 fonds, ou le panier B moins bien que l'ETF de plus de 2 % par an.
Les fonds actifs perdent du terrain, et notre sélection le montre
Nous appelons « marée » ce que le fonds actif moyen gagne ou perd face à son indice, une année donnée. Cette marée descend : −0,4 % par an en moyenne sur 2005-2014, −1,7 % par an depuis 2015 et −2,2 % par an depuis 2020. Le constat est le même chez les observateurs indépendants : sur 2021-2025, 75 à 87 % des fonds actions Europe font moins bien que leur indice chaque année, et 97 % en Europe (98 % en France) sur dix ans (SPIVA) ; depuis 2022, seuls 25 à 35 % des fonds actifs réussissent à battre leurs pairs indiciels, 31,2 % en 2025 (Morningstar).
Notre sélection ne s'en affranchit pas. Face à l'ETF MSCI Europe pris au même niveau de risque, notre panier fait mieux de +0,6 à +1,1 % par an depuis 2015, mais seulement −0,8 à +0,1 % par an depuis 2020 ; sans égaliser le risque, il reste derrière l'ETF (−3,4 à −4,0 % par an depuis 2020), surtout parce qu'il détient moins d'actions européennes que l'indice. Concrètement : quand l'ensemble de la gestion active souffre, mieux vaut un fonds indiciel là où l'on peut en détenir ; dans un contrat qui impose son menu, le classement reste utile pour remplacer, dans une même catégorie, les fonds qui vous coûtent.
Transparence : ce que notre mesure ne sait pas faire
- Elle ne bat pas les ETF : face à l'ETF MSCI Europe pris au même niveau de risque, notre panier fait mieux depuis 2015 (+0,6 à +1,1 % par an) mais pas depuis 2020 (−0,8 à +0,1 % par an) ; sans égaliser le risque, il reste derrière (−3,4 à −4,0 % par an depuis 2020), comme l'ensemble des fonds actifs. Sa valeur est de remplacer, dans une même catégorie, les fonds qui vous coûtent par de meilleurs, pas de promettre mieux que les ETF.
- Elle repose sur des données historiques : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Nos chiffres sont des mesures de recherche ; le suivi en conditions réelles des paniers actuels part de leur date de publication.
- Elle classe bien les fonds les uns par rapport aux autres, mais ne prédit pas combien un fonds précis rapportera. Nous n'affichons jamais un rendement prédit.
- Certains fonds sont mal expliqués par leur panier d'ETF : leur empreinte est alors volontairement estompée, car la mesure y est moins fiable.
- Ce n'est ni une prévision, ni un conseil en investissement personnalisé : avant toute décision, consultez le document d'informations clés du fonds et, le cas échéant, un conseiller.
Envie du détail complet : protocole, chiffres, tests de robustesse, et ce qui ne marche pas ? Lire notre note de recherche
Comment nous construisons un portefeuille : actifs liquides, 25 ans de données, optimisation sous contrainte de risque.
Mesuré Notre approche mesuréeCe que le conseil rapporte, chiffré : frais, comportement, optimisation, sélection de fonds.
Experts La note de rechercheLe protocole complet de sélection de fonds, ses tests de robustesse et ses limites.
Diversification La marge de diversificationPourquoi un portefeuille Ploovers contient beaucoup de lignes, dont beaucoup de petites.
Fiches fonds Vérifier un fondsAlpha net de frais, frais courants, risque et empreinte alpha de chaque fonds, par code ISIN.
Votre portefeuille Analyser votre portefeuilleTransmettez un relevé d'assurance-vie ou de PER et recevez une analyse détaillée en quelques minutes.
Ce que l'on nous demande le plus souvent
Que sont les frais courants d'un fonds, et combien pèsent-ils vraiment ?
Les frais courants sont la rémunération annuelle de la gestion, déduite directement de la performance du fonds. Avec les frais du contrat et, parfois, ceux d'une gestion pilotée, un fonds actions logé dans un plan d'épargne retraite coûte en moyenne 2,75 % par an (CCSF). Un point de frais annuel en trop retire environ 21 % du capital final au bout de 25 ans.
Qu'est-ce que l'alpha d'un fonds ?
L'alpha est la différence entre ce qu'un fonds a réellement rapporté et ce qu'aurait rapporté un panier d'ETF qui se comporte comme lui, une fois tous les frais payés. Un alpha positif signifie que la gestion a ajouté de la valeur ; un alpha négatif, qu'elle en a détruit. La plupart des fonds actifs affichent un alpha négatif : sur 2021-2025, 75 à 87 % des fonds actions Europe font moins bien que leur indice chaque année (SPIVA).
Qu'est-ce que l'empreinte alpha affichée sur les fiches fonds ?
L'empreinte alpha rassemble toutes les mesures d'alpha sur un an possibles au cours des cinq dernières années, décalées d'un mois à chaque fois. Elle montre la régularité du fonds, ses hauts et ses bas, plutôt qu'un chiffre unique qui peut tenir d'un bon millésime. C'est cette forme, et non le niveau de performance, que notre modèle utilise pour classer les fonds.
Pourquoi chercher à éviter les fonds décevants plutôt qu'à prédire les meilleurs ?
Parce que seul le premier exercice fonctionne. Les 25 fonds que notre classement place en queue perdent encore 3,3 à 3,7 % par an face à leur panier d'ETF de référence l'année suivante, quand les 25 premiers font à peu près jeu égal (−0,8 à 0,0 % par an). À l'inverse, prédire combien un fonds rapportera ne marche pas : une fois les fuites d'information écartées, le pouvoir de prédiction du niveau tombe à zéro. Nous classons donc les fonds les uns par rapport aux autres et n'affichons jamais un rendement prédit.
La sélection Ploovers bat-elle les ETF ?
Non, et nous l'écrivons. Face à l'ETF MSCI Europe pris au même niveau de risque, notre panier comparable à l'indice fait mieux depuis 2015 (+0,6 à +1,1 % par an) mais pas depuis 2020 (−0,8 à +0,1 % par an) ; sans égaliser le risque, il reste derrière l'ETF (−3,4 à −4,0 % par an depuis 2020), comme l'ensemble des fonds actifs. Sa valeur est de faire mieux que le fonds typique du marché (+0,7 à +1,5 % par an pour les 25 fonds les mieux classés) et que les fonds à éviter (+2,6 à +3,6 % par an) : remplacer, dans une même catégorie, un fonds faible par un meilleur, pas promettre mieux qu'un fonds indiciel.
Les étoiles ou les frais les plus bas ne suffisent-ils pas pour choisir un fonds ?
Ce sont deux bons réflexes, mais incomplets. Même les fonds cinq étoiles affichent en moyenne un alpha futur négatif. Mesuré avec la version précédente de notre modèle : à taille de panier égale, notre classement séparait nettement mieux les fonds que les étoiles ; face au fonds médian, un simple tri par frais faisait presque aussi bien que le modèle, mais l'écart entre la tête et la queue du classement était plus large et plus stable avec le modèle, et le priver de l'information de frais lui coûtait peu : les frais n'expliquent qu'une partie du classement. Ces comparaisons n'ont pas encore été recalculées avec le modèle actuel.
Où vérifier un fonds précis ?
Sur sa fiche, accessible depuis la page Fonds en recherchant son code ISIN, l'identifiant unique imprimé sur votre relevé. Chaque fiche affiche l'alpha net de frais estimé, les frais courants, l'indicateur de risque et l'empreinte alpha du fonds. Les fonds que leur panier d'ETF explique mal ont une empreinte volontairement estompée, car la mesure y est moins fiable.
Pourquoi ne pas simplement prendre des ETF ?
Parce que vous n'avez pas toujours le choix. Dans un PER, une assurance-vie ou un contrat de capitalisation, l'assureur impose son univers de fonds : un menu fermé de quelques dizaines à quelques centaines de supports, où les ETF sont parfois rares ou absents. Notre classement ordonne tous les fonds du menu et écarte ceux qui détruisent de la valeur : les 25 fonds les mieux classés font mieux que le fonds typique du marché de 0,7 à 1,5 point par an (depuis 2015). Quand l'enveloppe le permet, compte-titres ou PEA, un ETF à bas coût reste le socle par défaut.
Glossaire
- Alpha
- La différence entre ce qu'un fonds a rapporté et ce qu'aurait rapporté un panier d'ETF qui se comporte comme lui, une fois tous les frais payés.
- Frais courants
- La rémunération annuelle de la gestion d'un fonds, exprimée en pourcentage de l'épargne et déduite directement de sa performance.
- Indice et ETF
- Un indice est un panier qui suit automatiquement tout un marché, sans gérant à payer ; un ETF est le fonds coté qui le réplique à bas coût. C'est à un panier d'ETF que nous comparons chaque fonds.
- Empreinte alpha
- L'ensemble des alphas mesurés sur toutes les fenêtres d'un an des cinq dernières années, lu comme une forme (régularité, hauts, bas) plutôt que comme un chiffre unique.
Et concrètement, pour vos placements ?
Consultez l'empreinte alpha de vos fonds sur leurs fiches, ou faites analyser l'ensemble de votre portefeuille en quelques minutes.
Information à caractère non publicitaire fournie à titre indicatif, ne constituant ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation, ni une incitation à investir. Les chiffres présentés sont des mesures statistiques issues de données historiques (simulations walk-forward), susceptibles d'évoluer ; la Figure A est une illustration à hypothèses simplifiées, pas une prévision. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Ploovers (Qwant Alpha Capital & Solutions) est conseiller en investissement financier et courtier en assurance enregistré à l'ORIAS.