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Ploovers
Ressources · Méthodologie

Comment nous mesurons ce que votre fonds vous rapporte vraiment

Quand vous placez votre épargne dans un fonds, vous payez une équipe de gestion. Notre travail : vérifier, chiffres en main, si cette équipe vous rapporte plus que ce qu'elle vous coûte. Voici notre méthode, sans jargon, et avec ses limites, dites honnêtement.

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La démarche, en bref
  • Notre moteur classe chaque trimestre 5 000 à 6 000 fonds accessibles en assurance-vie, du plus prometteur au plus décevant.
  • Sur 2015-2025, les 25 fonds qu'il place en tête font mieux que le fonds typique du marché de +0,9 à +2,0 point par an, et mieux que les 25 fonds qu'il place en queue de +2,4 à +3,2 points par an, un avantage positif dans chacune des 16 fenêtres de cinq ans étudiées.
  • Face à un simple indice pris au même niveau de risque, la sélection fait jeu égal sur 2015-2025 (−0,4 à +0,9 % par an) et perd du terrain sur 2020-2025, comme l'ensemble des fonds actifs : nous l'affichons plutôt que de le lisser.
  • Le gain le plus fiable vient d'éviter les fonds durablement décevants : les 25 fonds en queue de classement perdent encore 2,8 % par an face à leur panier d'ETF de référence l'année suivante.
  • Deux paniers officiels de 25 fonds sont suivis en conditions réelles, selon un protocole fixé à l'avance. Détails et chiffres complets : notre approche mesurée et la note de recherche.
Le problème

Des frais discrets, un manque à gagner bien réel

Un fonds d'investissement prélève chaque année des frais courants, la rémunération de sa gestion, déduite directement de votre performance, souvent sans que vous les voyiez passer. Ajoutez les frais du contrat qui le porte et, parfois, ceux d'une gestion pilotée : un fonds actions logé dans un plan d'épargne retraite coûte en moyenne 2,75 % par an, toutes couches confondues (CCSF). Sur 10 000 € placés dix ans dans un portefeuille type d'un investisseur individuel, environ 1 700 € partent en frais (ESMA).

Or les études, les nôtres comme la recherche académique, convergent : le fonds moyen rapporte à peu près ce que rapportent les marchés… moins ses frais. Un « indice », c'est un panier qui suit tout un marché automatiquement, sans gérant à payer ; un ETF est le fonds coté qui le réplique à bas coût, et c'est à un panier d'ETF que nous comparons chaque fonds. Année après année, cet écart en apparence minuscule se cumule : un point de frais annuel en trop, c'est environ 21 % du capital final en moins au bout de 25 ans.

Figure A, La course aux 100 €

Ce qu'il faut voir : les deux lignes partent du même point, et l'écart ne cesse de se creuser, c'est l'effet « boule de neige » des frais. Au bout de 25 ans, 100 € deviennent environ 236 € avec 1,5 % de frais, contre 149 € avec 3,4 % : 88 € de moins, soit près de 37 %. Illustration à hypothèses simplifiées : 5 % brut par an, frais constants, pas une prévision. Sur 100 000 €, l'écart est de 88 000 €.

Notre mesure

L'empreinte alpha : la forme complète, pas un chiffre unique

Pour chaque fonds, nous reconstituons un panier d'indices qui se comporte comme lui. La différence entre ce que le fonds a réellement rapporté et ce qu'aurait rapporté ce panier, une fois tous les frais payés, s'appelle l'alpha : c'est la valeur réellement ajoutée (ou détruite) par la gestion.

Un chiffre unique peut mentir : un bon millésime, un coup de chance. Nous mesurons donc l'alpha sur des fenêtres roulantes, toutes les périodes d'un an possibles des cinq dernières années, décalées d'un mois à chaque fois. Des dizaines de mesures au lieu d'une, dont nous regardons la forme complète : la régularité, les hauts, les bas. C'est cette forme (pas le niveau de performance, qui ne dit rien de l'avenir) que notre modèle utilise pour classer les fonds.

À quoi ressemble une empreinte alpha : exemple fictif, à but pédagogique

    Ce qu'il faut voir : chaque empreinte résume toutes les fenêtres d'un an observées. Plus la masse est à droite du zéro (en bleu), plus le fonds a régulièrement fait mieux que son panier d'ETF, net de frais ; l'aiguille marque la valeur médiane. Ce fonds fictif serait plutôt bon, la plupart des fonds réels ont leur masse à gauche. Vous trouverez l'empreinte réelle de chaque fonds sur sa fiche.

    Ce que les chiffres montrent

    Éviter les fonds décevants rapporte plus que chercher les futurs champions

    Repérer les fonds décevants : ça marche

    Les fonds qui détruisent durablement de la valeur laissent des traces statistiques nettes : frais élevés, exécution médiocre, fragilité en crise. Dans nos tests, les 25 fonds que notre classement place en queue perdent encore 2,8 % par an face à leur panier d'ETF de référence l'année suivante, et 66 % de leurs observations sont négatives.

    Prédire les futurs champions : quasi impossible

    Soyons honnêtes : ni nous, ni la recherche académique, ne savons dire combien un fonds rapportera. Dès que les tests sont protégés de toute information venue du futur, le pouvoir de prédiction du niveau tombe à zéro. Même les fonds « cinq étoiles » affichent, en moyenne, un alpha futur de −0,7 à −0,9 % par an. Quiconque vous promet le contraire vous vend du rêve.

    Notre rôle : vous aider à éviter et remplacer

    La conclusion s'impose : le gain le plus fiable ne vient pas de la chasse aux pépites, mais du remplacement des fonds durablement décevants par des alternatives mieux classées : souvent de simples fonds indiciels à frais réduits. Dans un PER, une assurance-vie ou un contrat de capitalisation, l'assureur impose son univers de fonds : on ne choisit pas librement, on choisit au mieux dans le menu, et c'est là que le classement sert. Le classement est recalculé chaque trimestre ; c'est l'ordre des fonds que nous utilisons, jamais une prévision de rendement.

    Figure B, L'escalier du tri

    Ce qu'il faut voir : plus on part de bas dans le classement, plus le tri rapporte. Face aux fonds à éviter, les 25 fonds les mieux classés rapportent 2,4 à 3,2 points par an de plus ; face au fonds typique du marché, ce que l'on détient sans conseil, 0,9 à 2,0 point. Fourchettes sur trois jeux de test indépendants, ère 2015-2025, chaque chiffre rejoué depuis les prix bruts. Détail dans notre note de recherche.

    Concrètement

    Comment le classement est construit, et comment nous le vérifions

    Notre philosophie est simple : ne jamais laisser le modèle voir l'avenir qu'on lui demande de prédire. Le moteur apprend sur le passé de chaque fonds : environ 960 caractéristiques tirées de son empreinte alpha, de ses frais et de son comportement en crise, puis classe les fonds pour les douze mois suivants. Un trimestre n'entre en apprentissage que lorsque sa cible à 12 mois est entièrement réalisée. Ce contrôle compte : dans un monde simulé où aucun gérant n'a de talent, une purge trop courte fabrique +9,2 % par an d'avantage fictif avec 100 % de réussite ; la purge complète le ramène à zéro.

    Chaque chiffre est une fourchette, pas un point : le test est rejoué sur trois partages indépendants des fonds entre apprentissage et évaluation, et nous affichons le pire et le meilleur. Chaque test est écrit avant d'être lancé (101 expériences pré-enregistrées), et chaque chiffre publié est rejoué depuis les prix bruts : 96,5 à 100 % des 341 fonds-millésimes du panier sont retrouvés à l'identique.

    Ce qui alimente le classement

    11 209

    fonds actifs suivis, sur un historique 2000-2026

    86

    fenêtres de cinq ans rejouées, crises incluses

    33

    catégories, couvrant 99,7 % des fonds

    16 sur 16

    fenêtres de cinq ans où la tête bat la queue et le fonds médian

    Chaque fonds est comparé à son panier d'ETF de référence, choisi parmi 3 876 ETF candidats et réduits à 18 ETF de référence. Chaque trimestre, 5 000 à 6 000 fonds reçoivent un score ; le panier officiel en retient 25, avec une seule classe de parts par portefeuille, aucun fonds indiciel et au plus trois fonds par catégorie.

    Le suivi en conditions réelles porte sur deux paniers de 25 fonds : le premier retient les fonds les mieux classés, le second se limite aux fonds réellement comparables à un indice (corrélation d'au moins 0,6, volatilité d'au moins la moitié de la sienne). Les règles de lecture sont fixées à l'avance : la sélection est confirmée si elle dépasse le fonds médian de 1,5 % par an ou plus et fait au moins jeu égal avec l'ETF de référence, deux trimestres de suite ; elle passe en alerte si elle fait moins bien que le fonds médian, ou moins bien que l'ETF de référence de plus de 2 % par an.

    Le contexte

    Les fonds actifs perdent du terrain, et notre sélection le montre

    Nous appelons « marée » ce que le fonds actif moyen gagne ou perd face à son indice, une année donnée. Cette marée descend : environ −0,4 % par an avant 2020, un plancher à −4,0 % en 2021, puis un plateau entre −1,7 et −2,0 % depuis 2023. Le constat est le même chez les observateurs indépendants : sur 2021-2025, 75 à 87 % des fonds actions Europe font moins bien que leur indice chaque année, et 97 % en Europe (98 % en France) sur dix ans (SPIVA) ; depuis 2022, seuls 25 à 35 % des fonds actifs réussissent à battre leurs pairs indiciels, 31,2 % en 2025 (Morningstar).

    Notre sélection ne s'en affranchit pas. Face à un ETF de référence de même risque, elle gagne +2,13 % par an dans 77 % des cas quand la marée est haute (fonds actif moyen à +0,6 %), +0,99 % dans 62 % des cas quand elle est moyenne (−1,2 %), et perd 1,55 % par an, avec 27 % de réussite seulement, quand elle est basse (−2,9 %). Concrètement : quand l'ensemble de la gestion active souffre, mieux vaut un fonds indiciel ; quand elle respire, notre classement retrouve sa valeur. Dans tous les cas, il reste utile pour écarter les fonds qui vous coûtent.

    Transparence : ce que notre mesure ne sait pas faire

    • Elle ne bat pas les ETF : face à un simple ETF de référence pris au même niveau de risque, notre sélection fait jeu égal sur 2015-2025 (−0,4 à +0,9 % par an) et perd du terrain sur 2020-2025 (−2,5 à −0,6 % par an), comme l'ensemble des fonds actifs. Sa valeur est d'éviter les fonds qui vous coûtent, pas de promettre mieux que les ETF.
    • Elle repose sur des données historiques : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le suivi en conditions réelles est en cours.
    • Elle classe bien les fonds les uns par rapport aux autres, mais ne prédit pas combien un fonds précis rapportera. Nous n'affichons jamais un rendement prédit.
    • Certains fonds sont mal expliqués par leur panier d'ETF : leur empreinte est alors volontairement estompée, car la mesure y est moins fiable.
    • Ce n'est ni une prévision, ni un conseil en investissement personnalisé : avant toute décision, consultez le document d'informations clés du fonds et, le cas échéant, un conseiller.

    Envie du détail complet : protocole, chiffres, tests de robustesse, et ce qui ne marche pas ? Lire notre note de recherche

    Questions fréquentes

    Ce que l'on nous demande le plus souvent

    Que sont les frais courants d'un fonds, et combien pèsent-ils vraiment ?

    Les frais courants sont la rémunération annuelle de la gestion, déduite directement de la performance du fonds. Avec les frais du contrat et, parfois, ceux d'une gestion pilotée, un fonds actions logé dans un plan d'épargne retraite coûte en moyenne 2,75 % par an (CCSF). Un point de frais annuel en trop retire environ 21 % du capital final au bout de 25 ans.

    Qu'est-ce que l'alpha d'un fonds ?

    L'alpha est la différence entre ce qu'un fonds a réellement rapporté et ce qu'aurait rapporté un panier d'ETF qui se comporte comme lui, une fois tous les frais payés. Un alpha positif signifie que la gestion a ajouté de la valeur ; un alpha négatif, qu'elle en a détruit. La plupart des fonds actifs affichent un alpha négatif : sur 2021-2025, 75 à 87 % des fonds actions Europe font moins bien que leur indice chaque année (SPIVA).

    Qu'est-ce que l'empreinte alpha affichée sur les fiches fonds ?

    L'empreinte alpha rassemble toutes les mesures d'alpha sur un an possibles au cours des cinq dernières années, décalées d'un mois à chaque fois. Elle montre la régularité du fonds, ses hauts et ses bas, plutôt qu'un chiffre unique qui peut tenir d'un bon millésime. C'est cette forme, et non le niveau de performance, que notre modèle utilise pour classer les fonds.

    Pourquoi chercher à éviter les fonds décevants plutôt qu'à prédire les meilleurs ?

    Parce que seul le premier exercice fonctionne. Les 25 fonds que notre classement place en queue perdent encore 2,8 % par an face à leur panier d'ETF de référence l'année suivante, et 66 % de leurs observations sont négatives. À l'inverse, prédire combien un fonds rapportera ne marche pas : une fois les fuites d'information écartées, le pouvoir de prédiction du niveau tombe à zéro. Nous classons donc les fonds les uns par rapport aux autres et n'affichons jamais un rendement prédit.

    La sélection Ploovers bat-elle les ETF ?

    Non, et nous l'écrivons. Face à un ETF de référence pris au même niveau de risque, nos 25 fonds les mieux classés font jeu égal sur 2015-2025 (−0,4 à +0,9 % par an) et perdent du terrain sur 2020-2025 (−2,5 à −0,6 % par an), comme l'ensemble des fonds actifs. Leur valeur est de faire mieux que le fonds typique du marché (+0,9 à +2,0 % par an) et que les fonds à éviter (+2,4 à +3,2 % par an), pas de promettre mieux qu'un fonds indiciel.

    Les étoiles ou les frais les plus bas ne suffisent-ils pas pour choisir un fonds ?

    Ce sont deux bons réflexes, mais incomplets. Les fonds cinq étoiles affichent en moyenne un alpha futur de −0,7 à −0,9 % par an ; à taille de panier égale, notre modèle fait +2,4 à +3,3 % par an de mieux que le fonds médian, contre +0,6 à +1,8 pour les étoiles. Face au fonds médian, un simple tri par frais (+1,04 à +1,54 point par an) fait presque aussi bien que notre modèle (+0,82 à +1,95) ; l'écart se voit entre la tête et la queue du classement : +2,93 à +3,42 point pour le modèle, +1,82 à +3,90 pour les frais, plus instable. Et priver le modèle de l'information de frais lui coûte au plus 0,35 point par an : les frais n'expliquent qu'une partie du classement.

    Où vérifier un fonds précis ?

    Sur sa fiche, accessible depuis la page Fonds en recherchant son code ISIN, l'identifiant unique imprimé sur votre relevé. Chaque fiche affiche l'alpha net de frais estimé, les frais courants, l'indicateur de risque et l'empreinte alpha du fonds. Les fonds que leur panier d'ETF explique mal ont une empreinte volontairement estompée, car la mesure y est moins fiable.

    Pourquoi ne pas simplement prendre des ETF ?

    Parce que vous n'avez pas toujours le choix. Dans un PER, une assurance-vie ou un contrat de capitalisation, l'assureur impose son univers de fonds : un menu fermé de quelques dizaines à quelques centaines de supports, où les ETF sont parfois rares ou absents. Notre classement ordonne tous les fonds du menu et écarte ceux qui détruisent de la valeur : les 25 fonds les mieux classés font mieux que le fonds typique du marché de 0,9 à 2,0 point par an (2015-2025). Quand l'enveloppe le permet, compte-titres ou PEA, un ETF à bas coût reste le socle par défaut.

    Les mots de cette page

    Glossaire

    Alpha
    La différence entre ce qu'un fonds a rapporté et ce qu'aurait rapporté un panier d'ETF qui se comporte comme lui, une fois tous les frais payés.
    Frais courants
    La rémunération annuelle de la gestion d'un fonds, exprimée en pourcentage de l'épargne et déduite directement de sa performance.
    Indice et ETF
    Un indice est un panier qui suit automatiquement tout un marché, sans gérant à payer ; un ETF est le fonds coté qui le réplique à bas coût. C'est à un panier d'ETF que nous comparons chaque fonds.
    Empreinte alpha
    L'ensemble des alphas mesurés sur toutes les fenêtres d'un an des cinq dernières années, lu comme une forme (régularité, hauts, bas) plutôt que comme un chiffre unique.

    Et concrètement, pour vos placements ?

    Consultez l'empreinte alpha de vos fonds sur leurs fiches, ou faites analyser l'ensemble de votre portefeuille en quelques minutes.