Les prélèvements sociaux sur votre épargne
Comprendre ce deuxième impôt qui s'ajoute à l'impôt sur le revenu sur vos gains de placement, et ce que vous pouvez récupérer.
Quand votre épargne rapporte (intérêts, dividendes, plus-values, rachat d'assurance-vie, loyers), vous payez deux choses : l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. En 2026, ces prélèvements sociaux représentent 18,6 % de vos gains, quel que soit votre niveau de revenu. Une partie (la CSG) peut être « récupérée » sur votre impôt si vous choisissez le barème plutôt que le prélèvement forfaitaire.
Les montants clés du millésime 2026
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À comprendre avant d'agir
Un taux unique de 18,6 % en 2026
Les prélèvements sociaux sur vos revenus de placement sont passés à 18,6 % en 2026 (contre un taux inférieur les années précédentes). Ce taux ne dépend pas de vos revenus : il est le même pour tout le monde. Sur 1 000 € de gain, cela représente 186 € de prélèvements sociaux, avant même l'impôt sur le revenu.
Trois contributions regroupées
Ce taux réunit trois éléments : la CSG (contribution sociale généralisée, la plus grosse part à 10,6 %), la CRDS (remboursement de la dette sociale) et le prélèvement de solidarité (7,5 %). Vous ne voyez qu'un seul taux global, mais il additionne ces trois contributions.
Une partie de la CSG est récupérable, mais seulement au barème
Si vous choisissez le barème progressif pour vos revenus de placement, une fraction de la CSG payée vient réduire votre revenu imposable de l'année suivante. Si vous restez au prélèvement forfaitaire (PFU), vous ne récupérez rien. C'est un point à intégrer dans votre choix PFU / barème.
Calculés avant les abattements
Les prélèvements sociaux se calculent sur le gain brut, avant les réductions accordées pour l'impôt sur le revenu. Exemple : l'abattement de 40 % sur les dividendes, ou l'abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur l'assurance-vie de plus de 8 ans ne s'appliquent pas aux prélèvements sociaux.
Certains placements sont exonérés
Le livret A et les livrets réglementés, ainsi que la plus-value réalisée sur la vente de votre résidence principale, échappent totalement aux prélèvements sociaux. Le PEA en est exonéré après 5 ans, mais les prélèvements restent dus au moment où vous retirez l'argent.
Vivre à l'étranger peut réduire la facture
Si vous êtes affilié à la sécurité sociale d'un autre pays de l'Union européenne, de l'EEE ou de Suisse (et pas à un régime français), vous ne payez ni CSG ni CRDS sur vos revenus du patrimoine et plus-values immobilières françaises : seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû (règle dite « De Ruyter »).
Ce qui compose les 18,6 %
Un seul taux global s'applique à vos gains : il additionne la CSG (10,6 %), la CRDS (0,5 %) et le prélèvement de solidarité (7,5 %).
Source : CSS art. L. 136-8 ; CGI art. 235 ter ; LFSS 2026
Selon votre affiliation sociale, la facture change
Vous êtes affilié à la Sécurité sociale française
- Vous payez CSG + CRDS + prélèvement de solidarité
- Soit 18,6 % de vos gains en 2026
Vous êtes affilié à un régime d'un pays UE / EEE / Suisse
- Ni CSG ni CRDS sur vos revenus du patrimoine et plus-values immobilières françaises
- Seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû
C'est l'étape la plus souvent oubliée : elle mérite d'être vérifiée avec votre conseiller.
Source : CSS art. L. 136-7, I ter ; BOI-RFPI-PVINR-20-20, § 80 ; CJUE de Ruyter
Ce qui arrive à un gain de placement
Votre épargne génère un gain
Intérêts, dividendes, plus-value, rachat d'assurance-vie ou loyers.
On part du gain brut
Les prélèvements sociaux se calculent avant les abattements de l'impôt sur le revenu (40 % dividendes, 4 600 € / 9 200 € assurance-vie).
On applique 18,6 %
Le taux 2026, le même quel que soit votre niveau de revenu.
Puis vient l'impôt sur le revenu
Prélèvement forfaitaire (PFU) ou barème progressif : c'est le second étage.
Au barème, une part de CSG revient
Si vous choisissez le barème, une fraction de la CSG réduit votre revenu imposable l'année suivante. Au PFU, rien n'est récupéré.
Raisonnez toujours en net des deux étages : impôt sur le revenu et prélèvements sociaux.
Source : CSS art. L. 136-6 ; CGI art. 1600-0 C, 154 quinquies, 235 ter
Votre cas, ce que prévoit la règle
| Votre situation | Ce qui s'applique | Fondement |
|---|---|---|
| Vous réalisez une plus-value, percevez des dividendes, intérêts ou loyers, et vous êtes résident fiscal en France | Vous payez les prélèvements sociaux : CSG + CRDS + prélèvement de solidarité, soit 18,6 % en 2026. | CSS art. L. 136-8 ; CGI art. 235 ter |
| Vous optez pour le barème progressif sur vos revenus de placement | Une fraction de la CSG payée réduit votre revenu imposable de l'année suivante. | CGI art. 154 quinquies, II |
| Vous restez au prélèvement forfaitaire unique (PFU) | Aucune fraction de CSG n'est déductible : la « récupération » suppose d'avoir choisi le barème. | CGI art. 154 quinquies, II |
| Vous faites un rachat sur une assurance-vie de plus de 8 ans | Les prélèvements sociaux sont calculés avant l'abattement de 4 600 € / 9 200 € (celui-ci ne joue que pour l'impôt sur le revenu). | CGI art. 1600-0 C ; CSS art. L. 136-6 |
| Vous vendez votre résidence principale | La plus-value est totalement exonérée de prélèvements sociaux. | CGI art. 150 U, II |
| Vous détenez un livret A ou un PEA de plus de 5 ans | Intérêts du livret A hors champ ; PEA exonéré après 5 ans, mais prélèvements dus au moment du retrait. | Sources « Revenus taxés » |
| Vous êtes affilié à la sécurité sociale d'un pays UE/EEE/Suisse, sans dépendre d'un régime français | Pas de CSG ni CRDS sur vos revenus du patrimoine et plus-values immobilières françaises : seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû. | CSS art. L. 136-7, I ter ; BOI-RFPI-PVINR-20-20, § 80 ; CJUE de Ruyter |
| Vous vivez à l'étranger et détenez un bien locatif en France (non-résident) | Vous payez les prélèvements sociaux, mais la CSG correspondante n'est jamais déductible de votre impôt. | CGI art. 154 quinquies |
| Vous êtes retraité en France et percevez une pension d'un pays étranger | CSG/CRDS dues sur pension française ET étrangère, sans plafonnement depuis 2024-2025. | CSS art. L. 136-1 ; BOI-RES-RSA-000219 |
Ce qui piège le plus souvent
Ne comptez pas votre rendement net sans les prélèvements sociaux
Beaucoup d'épargnants ne retiennent que l'impôt sur le revenu et oublient les 18,6 %. C'est un deuxième étage qui s'ajoute systématiquement : sur 1 000 € de gains, il faut retrancher 186 € avant même l'impôt. Raisonnez toujours en net des deux.
Attention au taux applicable selon l'année
Le taux a changé en 2026 (18,6 %). C'est le taux de l'année du gain qui compte. Ne raisonnez pas de mémoire sur un ancien taux : vérifiez le millésime avec votre conseiller.
L'abattement assurance-vie ne vaut que pour l'impôt
L'abattement de 4 600 € / 9 200 € sur les rachats d'assurance-vie de plus de 8 ans réduit votre impôt sur le revenu, mais pas vos prélèvements sociaux : ceux-ci se calculent sur la totalité du gain.
Si vous êtes affilié à l'étranger, faites-le valoir
L'exonération de CSG/CRDS pour les affiliés à un régime social européen (règle De Ruyter) est l'étape la plus souvent oubliée. Si vous êtes concerné, signalez votre situation : vous pouvez ne devoir que 7,5 % au lieu de 18,6 %, et réclamer sur les années passées dans les délais.
PFU ou barème : intégrez la CSG récupérable
Le choix entre prélèvement forfaitaire et barème ne se joue pas seulement sur le taux d'impôt : au barème, une part de la CSG revient en déduction l'année suivante. Ce détail peut faire pencher la balance.
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Quel est le taux des prélèvements sociaux sur vos gains de placement en 2026 ?
Vous êtes affilié à la Sécurité sociale d'un autre pays de l'UE : que reste-t-il à payer sur vos revenus du patrimoine français ?
L'abattement de 4 600 € / 9 200 € sur l'assurance-vie de plus de 8 ans réduit-il vos prélèvements sociaux ?
Pour aller plus loin avec votre conseiller
Frontalier avec un bien loué en France : récupérer sur le passé
Karim, 44 ans, vit et travaille à Genève, où il est affilié à la sécurité sociale suisse. Il a gardé un appartement à Lyon qu'il met en location, pour de l'ordre de 24 000 € de revenus fonciers nets imposables par an. Chaque année, ces loyers supportent les prélèvements sociaux au taux plein — 18,6 %, soit près de 4 460 € — comme s'il dépendait d'un régime français. Or, parce qu'il relève d'un régime social suisse et non français, seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % est dû, soit 1 800 € : la CSG et la CRDS n'avaient pas lieu d'être. L'écart atteint près de 2 660 € chaque année, environ 60 % de prélèvements en trop.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller vérifie son affiliation réelle, corrige le taux appliqué pour l'avenir et prépare une réclamation contentieuse pour récupérer la CSG et la CRDS payées à tort sur les années encore ouvertes à réclamation (LPF art. R. 196-1) — plusieurs milliers d'euros récupérables en une seule démarche.
Retraité avec une pension étrangère : anticiper la fin du plafond
Hélène, 67 ans, est revenue vivre en France après une carrière partagée avec l'Allemagne. Elle touche une petite retraite française et une pension allemande. Pendant des années, les prélèvements sociaux sur sa pension étrangère étaient plafonnés par rapport à sa pension française. Un changement récent (2024-2025) a fait sauter ce plafond : ses deux pensions sont désormais pleinement soumises. La charge n'est plus celle qu'elle avait anticipée.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller confirme de quel régime maladie elle relève vraiment, mesure l'effet de la fin du plafonnement sur ses deux pensions, et l'aide à intégrer cette charge dans son budget de retraite plutôt que de la découvrir sur son avis d'imposition.
Chaque situation est particulière
Cette fiche donne les règles générales — votre conseiller vérifie ce qui s'applique réellement à votre patrimoine et chiffre vos options.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CSS art. L. 136-1
- CSS art. L. 136-6
- CSS art. L. 136-7
- CSS art. L. 136-8
- CGI art. 235 ter
- CGI art. 1600-0 C
- CGI art. 1600-0 G
- CGI art. 154 quinquies
- CGI art. 158
- CGI art. 150 U
- BOI-RFPI-PVINR-20-20
- CJUE 26 févr. 2015, C-623/13 (de Ruyter)
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.