Quand partir à la retraite et à quel taux ?
Comprendre comment choisir la meilleure date de départ selon votre situation (salarié, fonctionnaire ou contractuel) pour toucher la retraite la plus élevée.
Le choix de votre date de départ détermine à vie le montant de votre retraite : partir trop tôt sans tous vos trimestres réduit votre pension deux fois (taux minoré + calcul au prorata). Une fois votre retraite demandée et versée, c'est irréversible : rien ne se déclenche automatiquement, il faut en faire la demande. Depuis fin 2025, le calendrier de la réforme a été décalé, donc si vous êtes né entre 1963 et 1969 votre âge de départ doit être re-vérifié.
Êtes-vous concerné ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
Les repères à garder en tête
Ce qu'il faut retenir
Vous avez plusieurs retraites, pas une seule
Chaque statut cumule une retraite de base et une retraite complémentaire obligatoires. Salarié = CNAV + AGIRC-ARRCO ; fonctionnaire = SRE (État) ou CNRACL (territorial/hospitalier) + RAFP ; contractuel = CNAV + IRCANTEC. Elles se calculent différemment et se demandent en une seule fois en ligne.
Trois conditions pour partir
Il faut avoir atteint l'âge légal de votre génération (sauf départ anticipé), avoir cessé votre activité (sauf cumul emploi-retraite ou retraite progressive), et demander votre retraite : elle n'est jamais versée automatiquement.
Le taux plein s'obtient de trois façons
Soit vous réunissez tous vos trimestres requis, soit vous attendez 67 ans (âge du taux plein automatique, inchangé quel que soit votre nombre de trimestres), soit vous êtes dans une situation particulière (inaptitude, invalidité, handicap, carrière longue).
Taux plein ne veut pas dire pension complète
Même à 67 ans, s'il vous manque des trimestres, votre pension est calculée au prorata (trimestres acquis / trimestres requis). Le taux plein efface la décote, mais pas ce calcul au prorata.
Vous avez commencé à travailler jeune ? Vous pouvez partir plus tôt
Départ dès 58 ans
Au taux plein, sous condition d'avoir cotisé assez de trimestres.
Départ dès 60 ans
Même principe : c'est la retraite pour carrière longue.
Départ dès 62 ans
Il faut réunir la durée cotisée requise pour votre génération.
Départ dès 63 ans
Un début d'activité tôt vous ouvre un départ anticipé.
Si vous avez commencé tôt, faites vérifier vos premiers trimestres : ils peuvent avancer votre départ de plusieurs années.
Source : CSS art. L. 351-1-1 ; D. 351-1-1
Les erreurs qui coûtent cher
Vérifiez votre relevé AVANT de déposer
Une fois votre retraite versée, on ne revient pas en arrière. Contrôlez votre relevé de carrière (trimestres, périodes de chômage/maladie/service national) et corrigez les anomalies avant de demander. Les trimestres pour enfants n'apparaissent qu'au moment de la liquidation.
Si vous êtes né entre 1963 et 1969, ne vous fiez pas aux anciens repères
Le calendrier de la réforme 2023 a été décalé fin 2025. Les générations de janvier 1963 à mars 1965 restent à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres. Faites re-simuler votre situation.
Taux plein ne signifie pas pension maximale
Attendre 67 ans efface la décote mais pas le calcul au prorata : s'il vous manque des trimestres, votre pension reste amputée. Comparez toujours plusieurs scénarios chiffrés.
Pour aller plus loin avec votre conseiller
Lever le pied à 60 ans sans réduire sa pension à vie
Marie a 60 ans, aide-soignante, et n'en peut plus des horaires décalés. Il lui manque encore plusieurs trimestres : partir maintenant lui imposerait une décote définitive, qui la suivrait toute sa retraite. Depuis septembre 2025, elle peut demander une retraite progressive dès 60 ans : elle passe à temps partiel, touche une fraction de sa pension pour compléter son salaire, et continue d'accumuler des trimestres. Le jour où elle liquide vraiment, sa retraite est calculée sans la pénalité qu'elle aurait subie en s'arrêtant net à 60 ans.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller chiffre le revenu combiné mois par mois (salaire à temps partiel + fraction de pension), cale la quotité de travail et fixe la date de bascule vers la retraite définitive pour effacer la décote plutôt que la subir.
Il a tous ses trimestres, sa complémentaire est pourtant amputée
Philippe, 62 ans, cadre commercial, a enfin réuni tous les trimestres exigés : il se croit au taux plein partout. Le piège se cache dans sa retraite complémentaire de salarié : là, avoir les trimestres ne suffit pas, encore faut-il avoir liquidé sa retraite de base. S'il arrête de travailler et déclenche sa complémentaire dans le mauvais ordre, un coefficient de minoration s'applique à vie sur cette part, souvent la plus grosse de sa pension de cadre. Beaucoup ne le découvrent qu'une fois la pension versée, quand plus rien n'est réversible.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller ordonne les dates d'effet des deux liquidations pour que la complémentaire parte sans coefficient à vie, et retient le mode de calcul le plus favorable s'il venait à manquer quelques trimestres.
Chaque situation est particulière
Vous vous êtes reconnu dans cette fiche ? La prochaine étape est un échange concret, chiffres de votre dossier à l'appui.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CSS art. L. 351-1
- CSS art. L. 161-17-2
- CSS art. L. 161-17-3
- CSS art. L. 351-8
- CSS art. L. 351-1-1
- CSS art. L. 351-1-3
- CSS art. L. 351-1-5
- CSS art. R. 351-27
- CSS art. R. 351-37
- CPCMR art. L. 4 ; L. 14 ; L. 14 bis
- Loi n° 2025-1403 du 30 déc. 2025 (LFSS 2026), art. 104
- ANI AGIRC-ARRCO 17 nov. 2017, art. 84 et 85
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.