Que couvre vraiment ma caisse en cas d'arrêt ou de décès ?
Vous comprenez les trois trous de votre protection obligatoire de professionnel de santé libéral et comment les combler.
En tant que professionnel de santé en libéral, votre caisse (CARMF, CARCDSF, CAVP, CARPIMKO ou CARPV) vous protège en cas d'arrêt long, d'invalidité ou de décès, mais cette protection est forfaitaire et pleine de trous. Vos indemnités journalières s'arrêtent au 90e jour, et il peut ensuite s'écouler plusieurs mois voire plusieurs années avant que votre caisse ne verse une rente. Cette fiche vous aide à mesurer précisément ces écarts pour mettre en place, si besoin, une couverture complémentaire fiscalement avantageuse.
Faites le test : êtes-vous concerné ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
Ce qu'il faut retenir
Vos indemnités s'arrêtent au 90e jour
En cas d'arrêt, vous touchez des indemnités journalières (après 3 jours de carence) seulement jusqu'au 90e jour. Elles sont calculées sur la moyenne de vos revenus des 3 dernières années, entre un plancher et un plafond. Au 91e jour, c'est votre caisse professionnelle qui doit prendre le relais.
Le vrai danger : l'attente avant la rente d'invalidité
Entre la fin de vos indemnités (91e jour) et le premier versement de la rente d'invalidité de votre caisse, il peut s'écouler des mois ou des années sans aucun revenu. Exemple : à la CARPIMKO (auxiliaires médicaux), la rente ne démarre qu'au 1er jour de la 4e année suivant l'arrêt, soit près de 3 ans d'attente.
Chaque caisse a son propre délai d'attente
CARPIMKO : environ 3 ans. CARMF (médecins) : 36 mois de carence, jusqu'à 62 ans. CARCDSF (dentistes, sages-femmes) et CARPV (vétérinaires) : délai plus court, à vérifier dans les statuts. CAVP (pharmaciens) : point de départ fixé par une commission, donc incertain.
Pharmaciens et vétérinaires : aucun filet pour un arrêt long
La CAVP (pharmaciens) et la CARPV (vétérinaires) n'indemnisent que l'invalidité permanente, jamais un arrêt de travail temporaire au-delà du 90e jour. Pour ces deux métiers, le trou est total et doit être couvert en priorité.
Les montants sont fixes, pas liés à vos revenus
La rente d'invalidité est un montant forfaitaire (ou par classe de cotisation à la CARPV : minimum, medium, maximum). Plus votre revenu est élevé, plus l'écart avec votre train de vie se creuse : c'est cet écart qui mesure votre besoin de complément.
Le capital décès est un forfait souvent trop faible
Le capital versé à vos proches est un montant fixe, versé en priorité au conjoint puis aux enfants à charge. Il peut être réduit avec l'âge (CARPV : réduit à 52 % dès 66 ans, jusqu'à 25 % à 75 ans) ou majoré pour 3 enfants (CARMF : +10 %). Face à un crédit d'installation ou immobilier, il est souvent très insuffisant.
Les rentes pour vos proches sont conditionnées
La rente au conjoint suppose en général un mariage ou PACS d'au moins 2 ans (sauf enfant commun ou décès accidentel), s'arrête vers 60-65 ans et est supprimée en cas de remariage. Le concubin (union libre) n'est jamais bénéficiaire d'office. La rente pour les enfants va jusqu'à 18, 21 ou 25 ans (études), sans limite si l'enfant est handicapé.
Une déduction d'impôt à ne pas confondre
Vos cotisations obligatoires à la caisse se déduisent sans limite de votre bénéfice. Un contrat Madelin de prévoyance facultatif se déduit dans une enveloppe séparée : 3,75 % de votre bénéfice + 7 % du PASS, plafonnée à 3 % de 8 PASS. Mieux vaut la calibrer sur votre trou réel, pas la remplir de garanties inutiles.
Ce qui se passe si votre arrêt se prolonge
Rien n'est versé
Les 3 premiers jours de votre arrêt sont une période de carence, sans aucun versement.
Indemnités journalières
Vous touchez des indemnités calculées sur la moyenne de vos revenus des 3 dernières années.
Fin des indemnités
Vos indemnités s'arrêtent : c'est à votre caisse professionnelle de prendre le relais.
Attente de la rente
Selon votre caisse, un long délai peut s'écouler avant le premier versement de la rente d'invalidité.
Entre le 91e jour et la rente de votre caisse, vous pouvez rester sans aucun revenu de remplacement.
Source : CSS art. L. 622-1 ; L. 622-2 ; L. 644-2
Combien de temps sans rente d'invalidité, selon votre caisse
Ce délai d'attente varie selon votre profession : c'est lui qu'une couverture complémentaire vient combler en priorité.
Source : Point 2, statuts par caisse (CSS art. L. 644-2)
Êtes-vous couvert pour un arrêt long qui n'est pas une invalidité définitive ?
Médecin, dentiste, sage-femme, auxiliaire médical
- Indemnités jusqu'au 90e jour
- Puis rente d'invalidité de la caisse, après un délai d'attente
Pharmacien (CAVP) et vétérinaire (CARPV)
- Indemnités jusqu'au 90e jour
- Aucune indemnité pour un arrêt long qui n'est pas une invalidité permanente
Source : Point 3 ; règles CAVP et CARPV (CSS art. L. 644-2)
Selon votre situation
Vous êtes en arrêt de travail (les 3 premiers jours)
Rien n'est versé : 3 jours de carence avant vos indemnités journalières.
Votre arrêt dépasse 90 jours
Vos indemnités journalières s'arrêtent ; c'est le régime invalidité-décès de votre caisse qui doit prendre le relais, avec ses propres délais d'attente, souvent longs.
Vous êtes auxiliaire médical (CARPIMKO) en invalidité
La rente ne démarre qu'au 1er jour de la 4e année suivant l'arrêt : près de 3 ans sans revenu de la caisse.
Vous êtes médecin (CARMF) en invalidité
Rente d'invalidité après 36 mois de carence, versée jusqu'à 62 ans.
CSS art. L. 644-2 ; statuts CARMF (Prévoyance obligatoire - Médecin)
Vous êtes pharmacien (CAVP) et en arrêt long
Aucune indemnité au-delà du 90e jour : seule une rente d'invalidité permanente est versée, dont la date de départ est fixée par une commission.
Vous êtes vétérinaire (CARPV) et en arrêt long
Seuls l'invalidité permanente et le décès sont couverts, jamais l'arrêt temporaire ; les montants dépendent de votre classe de cotisation (minimum/medium/maximum).
Vous décédez en laissant des crédits (installation, immobilier)
Vos proches reçoivent un capital forfaitaire, généralement très inférieur au montant de vos dettes et aux besoins de la famille.
Vous vivez en concubinage (union libre)
Votre partenaire n'est jamais bénéficiaire d'office de la rente conjoint : seul le mariage ou le PACS ouvre ce droit.
Votre conjoint bénéficiaire se remarie après votre décès
Sa rente conjoint est supprimée.
Vous avez un enfant en situation de handicap
La rente orphelin/éducation lui est versée sans limite d'âge s'il est infirme, au lieu de s'arrêter à 18, 21 ou 25 ans.
Vous payez vos cotisations obligatoires à la caisse
Elles se déduisent sans limite de votre bénéfice professionnel (BNC).
Vous souscrivez un contrat Madelin de prévoyance facultatif
Les primes se déduisent dans une enveloppe autonome : 3,75 % du bénéfice + 7 % du PASS, plafonnée à 3 % de 8 PASS.
Ce qui piège le plus souvent
Ne comptez pas sur vos indemnités au-delà de 90 jours
Beaucoup de praticiens découvrent trop tard que le versement s'arrête au 90e jour et que la rente d'invalidité peut mettre des années à démarrer. Faites chiffrer précisément le délai d'attente de votre caisse avant qu'un problème ne survienne.
Pharmacien ou vétérinaire : couvrez d'abord l'arrêt temporaire
Votre caisse ne verse rien pour un arrêt long qui n'est pas une invalidité définitive. C'est le premier trou à combler, avant même de penser au décès ou à la retraite.
Vérifiez que vos crédits sont couverts par le capital décès
Comparez le capital forfaitaire de votre caisse au total de vos dettes (installation, immobilier). L'écart est souvent important : c'est ce solde que votre famille devrait assumer sans complément.
Attention aux conditions cachées des rentes pour vos proches
Durée minimale de mariage ou PACS (souvent 2 ans), suppression en cas de remariage, concubin exclu : vérifiez que votre situation familiale ouvre bien les droits que vous imaginez.
Ne confondez pas les deux enveloppes de déduction
Cotisations obligatoires (déductibles sans limite) et primes Madelin facultatives (plafonnées) sont deux choses différentes, et le Madelin prévoyance a lui-même un plafond distinct de celui de la retraite. Une confusion peut vous faire perdre un avantage fiscal ou vous exposer à un redressement.
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Jusqu'à quel jour d'arrêt touchez-vous des indemnités journalières ?
Pour un auxiliaire médical affilié à la CARPIMKO, quand la rente d'invalidité commence-t-elle ?
Votre partenaire, avec qui vous vivez en union libre, touchera-t-il une rente de votre caisse à votre décès ?
Et dans les situations plus fines ?
Kiné à l'arrêt : qui paie le loyer du cabinet pendant 3 ans ?
Camille, 38 ans, masseuse-kinésithérapeute installée en libéral. Le loyer de son cabinet et le salaire de sa secrétaire à mi-temps continuent de courir, même si elle ne travaille plus. Sa caisse, la CARPIMKO, ne verse la rente d'invalidité qu'au 1er jour de la 4e année suivant l'arrêt, soit près de 3 ans plus tard. Pendant ce délai, non seulement elle n'a plus de revenu, mais son cabinet continue de coûter chaque mois. Beaucoup ne pensent qu'à remplacer leur salaire et oublient ces frais fixes qui tournent à vide.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller chiffre séparément deux besoins que l'on confond souvent : le revenu personnel à remplacer et les frais généraux du cabinet (loyer, salaires) à maintenir. Il cale ensuite la franchise de chaque garantie sur la fin exacte des indemnités pour ne jamais payer deux fois le même risque.
Un long arrêt ne coûte pas que le salaire : aussi la retraite
Julien, 45 ans, médecin généraliste. Un accident l'immobilise plus d'un an. Il sait déjà que sa caisse, la CARMF, ne verse la rente d'invalidité qu'après 36 mois de carence. Ce qu'il ignore : pendant un arrêt aussi long, il cotise moins et acquiert donc moins de points de retraite. Le coup dur d'aujourd'hui rogne aussi sa pension de demain — un double effet rarement anticipé.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller lit la prévoyance en miroir des droits retraite de la même caisse, pour mesurer les points perdus pendant l'arrêt. Il dimensionne alors le complément pour couvrir à la fois le revenu manquant et l'érosion de la future pension, dans l'enveloppe de déduction adaptée.
Chaque situation est particulière
Ces règles évoluent et se combinent : faites valider votre lecture par un conseiller avant de décider.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CSS art. L. 640-1
- CSS art. L. 622-1
- CSS art. L. 622-2
- CSS art. L. 644-1
- CSS art. L. 644-2
- CGI art. 154 bis, I
- CGI art. 154 bis, II
- BOI-BNC-BASE-40-60-50-20, § 30
- BOI-BNC-BASE-40-60-50-20, § 40
- BOI-BNC-BASE-40-60-50-20, § 70
- BOI-BIC-CHG-40-50-40-20, § 90
- LOI n° 2023-1250 du 26 déc. 2023, art. 24
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.