Perte d'autonomie : quelles aides et comment financer ?
Comprendre l'APA, le choix possible avec la PCH, l'aide au logement et l'assurance dépendance, pour savoir ce qui reste vraiment à votre charge.
Quand l'autonomie diminue avec l'âge, l'aide principale est l'APA, versée par votre département, sans condition de ressources et sans reprise sur votre héritage. Selon vos revenus, une partie des dépenses reste à votre charge, et d'autres coups de pouce existent (choix possible avec la PCH si le handicap est apparu avant 60 ans, MaPrimeAdapt' pour le logement, réduction d'impôt en EHPAD). On peut aussi anticiper, tant qu'on est en bonne santé, avec une assurance dépendance.
Faites le test : êtes-vous concerné ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
Ce qu'il faut retenir
L'APA, l'aide principale dès 60 ans
Si vous avez au moins 60 ans, résidez en France de façon stable et êtes classé en GIR 1 à 4 (les niveaux de dépendance les plus marqués sur la grille officielle AGGIR), vous pouvez percevoir l'APA. Les GIR 5 et 6, qui gardent une autonomie suffisante, n'y ont pas droit et relèvent des aides de votre caisse de retraite.
Aucune reprise sur votre héritage
L'APA n'est jamais récupérée sur votre succession, vos donations ou votre assurance-vie : demander l'APA ne réduit donc pas ce que vous laissez à vos proches. C'est différent de l'ASH (aide sociale à l'hébergement), qui, elle, peut être récupérée.
Sans condition de ressources, mais avec une part à votre charge
L'APA est accordée quels que soient vos revenus. En revanche, au-delà d'un premier seuil de revenus, vous participez de façon progressive au coût du plan d'aide, jusqu'à 90 % de ce plan au-delà d'un second seuil. Le plan d'aide est aussi plafonné selon votre niveau de GIR.
En EHPAD, l'hébergement reste le gros poste
En maison de retraite, l'APA finance seulement le tarif dépendance. Elle ne paie ni l'hébergement (la chambre, les repas) ni les soins : c'est sur l'hébergement que se concentre l'essentiel de ce qui reste à votre charge.
Choisir entre APA et PCH si le handicap est ancien
Si votre handicap (ou ses critères) existait avant vos 60 ans, vous pouvez, entre 60 et 75 ans, choisir la PCH (prestation de compensation du handicap) à la place de l'APA. La PCH peut mieux couvrir l'aide humaine, dédommager un proche aidant et financer des travaux. Attention : les deux ne se cumulent pas et le choix vaut jusqu'au prochain renouvellement.
Adapter votre logement avec MaPrimeAdapt'
Si vous êtes propriétaire de votre résidence principale, avez 70 ans ou plus (ou 60-69 ans avec une attestation de GIR) et des ressources modestes, MaPrimeAdapt' finance des travaux d'adaptation, avec un accompagnement obligatoire par un professionnel agréé. Le volet logement de la PCH et le plan d'aide APA peuvent aussi financer certains aménagements.
Une réduction d'impôt en EHPAD
En EHPAD, vous bénéficiez d'une réduction d'impôt de 25 % sur les dépenses de dépendance et d'hébergement qui restent à votre charge, dans la limite d'un plafond annuel. Attention : c'est une réduction, pas un crédit d'impôt : elle n'apporte rien si vous n'êtes pas imposable.
Anticiper avec une assurance dépendance
Souscrire tôt (tant que votre santé le permet) un contrat de rente dépendance vous garantit, en cas de dépendance, une rente qui finance ce qui reste à payer. Cette rente n'est pas récupérable et, si elle a été mise en place par vous ou vos enfants pour ce risque, elle n'est pas comptée dans vos ressources pour l'APA.
APA ou PCH : deux aides, un seul choix
L'APA
- Pour une perte d'autonomie liée à l'âge, dès 60 ans
- Réservée aux niveaux de dépendance GIR 1 à 4
- Une part reste à votre charge selon vos revenus
- Le montant du plan d'aide est plafonné selon votre GIR
La PCH
- Possible si votre handicap est apparu avant vos 60 ans, entre 60 et 75 ans
- Couvre mieux l'aide humaine et peut dédommager un proche aidant
- Peut financer des travaux d'aménagement (logement, véhicule)
Si les deux vous sont ouvertes, faites comparer précisément le reste à votre charge avant de trancher.
Source : CASF art. L. 245-9 ; L. 232-23 ; L. 245-1, II
Votre demande d'APA, étape par étape
Vous déposez votre demande
Le dossier d'APA est adressé au conseil départemental de votre lieu de résidence.
Accusé de réception
Le département confirme que votre dossier est bien reçu et complet.
Évaluation à domicile
Une équipe médico-sociale évalue votre niveau de dépendance sur la grille officielle AGGIR (votre GIR).
Décision
Le département répond. Sans réponse dans ce délai, votre demande est considérée comme acceptée.
Vous n'avez pas à avancer les démarches seul : l'équipe du département vient évaluer votre situation chez vous.
Source : CASF art. L. 232-14 ; R. 232-4 ; L. 232-2
Combien de temps pour une réponse ?
Bon à savoir : passé le délai, l'absence de réponse vaut acceptation pour l'APA, mais refus pour la PCH.
Source : CASF art. L. 232-14 ; R. 241-33
Ce qui s'applique selon votre situation
Vous avez 60 ans ou plus et êtes classé en GIR 1 à 4
Vous avez droit à l'APA (GIR 5 et 6 exclus : voyez plutôt votre caisse de retraite)
Vous faites une demande d'APA quel que soit votre niveau de revenus
L'APA est accordée sans condition de ressources ; au-delà d'un seuil, une part reste à votre charge (participation progressive)
Vous bénéficiez de l'APA et vous inquiétez pour votre héritage
Aucune reprise sur votre succession, vos donations ou votre assurance-vie : votre transmission est préservée
Vous avez entre 60 et 75 ans avec un handicap apparu avant 60 ans
Vous pouvez choisir entre l'APA et la PCH ; le choix est fait à la 1re demande et à chaque renouvellement
Vous percevez déjà l'APA
Vous ne pouvez pas la cumuler avec la PCH (ni l'une ni l'autre avec la majoration pour tierce personne)
Vous demandez la PCH pour la première fois après 60 ans, sans handicap avant 60 ans et sans activité
L'accès à la PCH est fermé : vous êtes orienté vers l'APA
Vous êtes propriétaire, avez 70 ans ou plus (ou un GIR/handicap) et des ressources modestes
Vous pouvez obtenir MaPrimeAdapt' pour adapter votre résidence principale (plafond de travaux, accompagnement obligatoire)
CCH art. L. 301-1
Vous résidez en EHPAD et êtes imposable
Réduction d'impôt de 25 % des dépenses de dépendance et d'hébergement restant à charge (sans effet si non imposable)
Vous percevez l'APA ou la PCH
Ces allocations ne sont pas imposables (la PCH est aussi exonérée de prélèvements sociaux)
Vous êtes un proche aidant dédommagé au titre de la PCH
Ces sommes ne sont pas imposables (ni IR, ni CSG/CRDS) depuis 2019 ; en revanche le salaire d'un intervenant extérieur reste imposable
Vous perdez votre conjoint avant 55 ans, sans droit à réversion et sous plafond de ressources
Vous pouvez percevoir l'allocation veuvage, temporaire (2 ans max, ou jusqu'à 55 ans si veuvage à 50 ans ou plus)
Vous accompagnez un proche en phase terminale en réduisant votre activité
Vous pouvez percevoir l'AJAP, 21 jours (42 en temps partiel), qui cesse le lendemain du décès
Ce qui piège le plus souvent
Ne renoncez pas à l'APA par peur pour votre héritage
Beaucoup de familles n'osent pas demander l'APA en croyant qu'on la reprendra sur la succession. C'est faux : l'APA n'est jamais récupérée. Mobilisez cette aide sans hésiter, puis chiffrez seulement ce qui reste à payer.
En EHPAD, ne comptez pas sur l'APA pour l'hébergement
L'APA ne couvre que la dépendance. La chambre et les repas restent à votre charge : c'est souvent le poste le plus lourd. Anticipez ce coût et regardez les aides au logement (APL/ALS) et, en dernier recours, l'ASH (qui, elle, est récupérable).
Le choix APA/PCH n'est pas anodin
Une fois choisi, il vaut jusqu'au prochain renouvellement et les deux ne se cumulent jamais. Faites comparer précisément les deux (aide humaine, dédommagement d'un aidant, travaux, revenus) avant de trancher, en fonction de votre besoin réel.
La réduction d'impôt EHPAD ne sert qu'aux imposables
C'est une réduction, pas un crédit d'impôt : si vous n'êtes pas imposable, elle ne vous apporte rien. Ne surestimez pas cet avantage dans votre budget.
Souscrivez une assurance dépendance tôt
Plus vous attendez, plus la cotisation grimpe et plus la sélection médicale se durcit, voire vous exclut. Vérifiez bien la définition de la dépendance couverte, les délais d'attente et ce qu'il advient de vos cotisations si le risque ne survient pas (souvent à fonds perdus).
Trois questions pour valider
Cliquez sur votre réponse — la bonne réponse s'affiche aussitôt.
L'APA est-elle reprise sur votre héritage ?
À partir de quel âge pouvez-vous percevoir l'APA ?
En maison de retraite (EHPAD), que finance l'APA ?
Pour aller plus loin avec votre conseiller
Payer l'EHPAD avec son assurance-vie sans alourdir sa part d'APA
Odette, 86 ans, entre en maison de retraite. Sa retraite ne suffit pas à couvrir l'hébergement, et elle a une vieille assurance-vie bien garnie. Elle n'ose pas y toucher : elle croit qu'un retrait ferait grimper la part des dépenses qui reste à sa charge sur l'APA. Or, dans ce calcul, seuls comptent les gains imposables de son contrat, pas le capital qu'elle récupère. Selon la façon dont les retraits sont faits, sa participation peut à peine bouger.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller chiffre précisément le reste à charge, puis séquence les rachats pour n'exposer que le minimum de gains imposables dans l'assiette de l'APA, tout en articulant l'opération avec la réduction d'impôt liée à l'EHPAD si Odette est imposable.
Ce cas est décortiqué dans notre étude de cas →Choisir la PCH pour que sa fille aidante soit dédommagée sans impôt
Sylvie, 63 ans, vit avec un handicap apparu bien avant ses 60 ans, et sa perte d'autonomie s'aggrave. Sa fille a réduit son temps de travail pour l'accompagner au quotidien. Comme le handicap est ancien, Sylvie peut, jusqu'à 75 ans, choisir la PCH plutôt que l'APA. Ce choix ouvre un dédommagement du proche aidant qui, depuis 2019, n'est ni imposé ni soumis aux prélèvements sociaux pour sa fille. Mais les deux aides ne se cumulent pas, et la décision vaut jusqu'au prochain renouvellement.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller chiffre les deux voies là où elles divergent vraiment. Côté PCH, l'aide humaine dédommage la fille de Sylvie à un tarif horaire dédié à l'aidant familial (là où salarier un intervenant extérieur resterait, lui, imposable), et un éventuel aménagement du logement ou du véhicule s'inscrit dans des plafonds propres, ouverts sur plusieurs années. Côté APA, l'aide est plafonnée selon le GIR et grevée d'un ticket modérateur qui monte avec les revenus. Il éclaire aussi une mécanique que le client ne voit pas : la PCH ne se règle pas sur une participation progressive mais sur un taux de prise en charge de 100 % ou 80 % selon un seuil de ressources. Enfin il cale le calendrier — la PCH s'instruit à la MDPH (décision sous 4 mois, le silence valant rejet) quand l'APA passe par le département (2 mois, le silence valant acceptation) —, un paramètre décisif pour un choix figé jusqu'au renouvellement.
Chaque situation est particulière
Ces règles évoluent et se combinent : faites valider votre lecture par un conseiller avant de décider.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CASF art. L. 232-1
- CASF art. L. 232-2
- CASF art. L. 232-4
- CASF art. L. 232-8
- CASF art. L. 232-23
- CASF art. L. 245-1
- CASF art. L. 245-9
- CCH art. L. 301-1
- CGI art. 199 quindecies
- CGI art. 81, 2° et 9° ter
- CSS art. L. 356-1
- BOI-IR-RICI-140
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.