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Prévoyance & protection sociale

Si je tombe malade ou en cas de décès, ma famille est-elle protégée ?

Cette fiche vous montre ce que la Sécurité sociale couvre vraiment et où se trouvent les trous à combler pour protéger vos revenus et vos proches.

La prévoyance vous protège contre trois coups durs qui touchent vos revenus : l’arrêt de travail (incapacité), l’invalidité durable et le décès. ‌La grande erreur est de croire que la Sécurité sociale maintient votre salaire : en réalité, elle en verse au mieux la moitié, sous plafond et pour un temps limité. ‌Auditer votre couverture, c’est mesurer précisément l’écart entre ce que vous toucheriez et ce dont votre famille a besoin, pour combler ce trou avec le bon contrat.‌

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Les points clés, en clair

Trois risques à couvrir, pas un seul

Un audit complet regarde l’arrêt de travail temporaire, l’invalidité durable et le décès. ​L’invalidité est souvent oubliée alors que c’est le risque le plus coûteux, car il peut durer des années jusqu’à la retraite.​

En arrêt maladie, vous perdez la moitié de votre revenu

Hors accident du travail, la Sécurité sociale verse environ 50 % de votre revenu, dans la limite de 1,4 SMIC, et seulement après un délai de 3 jours sans rien. ‌C’est le premier écart à combler, même si votre employeur maintient une partie du salaire sous conditions.​

Accident du travail : mieux couvert

En cas d’accident du travail ou maladie professionnelle, il n’y a pas de délai de carence et vous touchez 60 % puis 80 % du salaire journalier de base. ‌La couverture est donc bien meilleure que pour une maladie de la vie privée.​

Invalidité : une pension de 30 % ou 50 % selon votre état

Vous êtes classé en 3 catégories. ‌1re catégorie (vous pouvez encore travailler un peu) : 30 % du salaire annuel moyen. ‌2e catégorie (vous ne pouvez plus exercer) : 50 %. ​3e catégorie (besoin d’aide d’une tierce personne) : 50 % plus une majoration.​

Au décès, un capital forfaitaire, pas un revenu

Le capital décès du régime général est un montant fixe, versé en priorité aux personnes à charge. ​Il aide vos proches sur le moment mais ne remplace pas vos revenus : c’est le principal trou à combler par une assurance décès ou de l’assurance-vie.​

Cadres : un capital décès obligatoire à vérifier

Votre employeur doit cotiser 1,50 % sur la part de votre rémunération sous le plafond de la Sécurité sociale, affectée en priorité au décès. ‌S’il ne l’a pas fait, il doit verser à vos ayants droit un capital égal à 3 fois le plafond annuel (PASS).‌

Un contrat individuel : lisez-le avant de regarder le prix

Un contrat n’est utile que s’il correspond à votre besoin : vérifiez les exclusions (sport à risque, suicide la 1re année, alcool), la clause bénéficiaire (conjoint, concubin ou partenaire de PACS bien nommés) et les franchises. ‌Souscrit tard, il coûte plus cher, et l’argent est perdu si le risque ne survient pas.‌

Indépendant : le contrat Madelin fait baisser vos impôts

Si vous êtes travailleur indépendant non agricole, le contrat Madelin prévoyance/santé vous permet de déduire les cotisations de votre revenu imposable, dans certaines limites.‌

Arrêt de travail : maladie ordinaire ou accident du travail ?

Arrêt maladie (vie privée)

  • 50 % de votre revenu, plafonné à 1,4 SMIC
  • 3 jours de carence avant tout versement
  • 3 ans au maximum

Accident du travail

  • Aucun délai de carence
  • 60 % du salaire journalier, puis 80 %
À revenu égal, un arrêt lié à la vie privée vous laisse un trou plus large qu’un accident du travail.

Pour un arrêt de la vie privée, l’écart avec votre salaire net est le premier trou à combler.

Source : CSS art. L. 323-1 ; Doc. Prévoyance obligatoire - Assurance maladie §2.1

Votre pension d’invalidité selon votre état

1re catégorie (vous pouvez encore travailler un peu)
30 %
2e catégorie (vous ne pouvez plus exercer)
50 %
3e catégorie (besoin d’une tierce personne)
50 % + majoration

Cette pension remplace au mieux la moitié de votre salaire moyen, et court jusqu’à votre retraite.

Source : CSS art. L. 341-4

Ce que touchent vos proches en cas de décès

Immédiatement

Capital décès forfaitaire

Un montant fixe versé en priorité aux personnes à charge : il aide sur le moment mais ne remplace pas vos revenus.

Conjoint de moins de 55 ans

Allocation veuvage

Temporaire (2 ans maximum) et sous condition de ressources.

Conjoint de 55 ans ou plus

Pension de réversion

Sous condition de ressources, à ne pas confondre avec l’allocation veuvage.

Retraite complémentaire

Réversion AGIRC-ARRCO

Une part de vos droits de retraite complémentaire est reversée à votre conjoint.

Aucune de ces prestations ne maintient à elle seule le train de vie de votre famille.

Source : CSS art. L. 361-1, L. 356-1, L. 353-1 ; Doc. Prévoyance obligatoire - Assurance décès §1-2

Ce qui s'applique selon votre situation

Vous êtes salarié et en arrêt maladie (vie privée)

Vous touchez environ 50 % de votre revenu, plafonné à 1,4 SMIC, après 3 jours de carence, pour 3 ans maximum : l’écart avec votre salaire net est le premier trou à combler.

CSS art. L. 323-1 ; Doc. Prévoyance obligatoire - Assurance maladie §2.1

Vous êtes travailleur indépendant (TNS)

Votre régime ne couvre pas l’invalidité ni le décès au niveau d’un salarié : un trou de couverture est presque certain et doit être chiffré.

Doc. Prévoyance : Principes généraux §2-3

Vous subissez une réduction durable de votre capacité de travail

Vous êtes classé en 1re, 2e ou 3e catégorie d’invalidité, ce qui détermine votre pension (30 %, 50 %, ou 50 % + majoration).

CSS art. L. 341-4

Un salarié assuré décède

Le capital décès du régime général est forfaitaire et versé par ordre de priorité aux personnes à charge ; il ne maintient pas le train de vie de la famille.

CSS art. L. 361-1

Vous êtes veuf ou veuve et avez moins de 55 ans

L’allocation veuvage est temporaire (2 ans maximum) et sous condition de ressources : ne la confondez pas avec la pension de réversion.

CSS art. L. 356-1

Vous êtes cadre

Vérifiez que votre employeur cotise bien 1,50 % sur la tranche sous le PASS, affectée au décès ; à défaut il doit un capital de 3 PASS à vos ayants droit.

ANI Prévoyance des cadres, 17 nov. 2017, art. 1er ; Doc. Assurance décès §3

Vous envisagez de souscrire un contrat de prévoyance individuel

Lisez d’abord les garanties, les exclusions et la clause bénéficiaire avant de comparer les prix.

Doc. Prévoyance individuelle - Aspects pratiques §1 et §3

Votre contrat est collectif et affecte au moins 80 % de la prime au décès/invalidité/incapacité

Il est exonéré de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TCAS), ce qui allège le coût.

CGI art. 998 ; BOI-TCAS-ASSUR-10-40-20-20, § 270

Votre conjoint survivant a 55 ans ou plus

Il peut prétendre à la pension de réversion (sous condition de ressources), distincte de l’allocation veuvage.

CSS art. L. 353-1

Le décès survient à la suite d’un accident du travail

Une rente est versée aux ayants droit (conjoint, enfants jusqu’à 20 ans, ascendants), en plus des droits AGIRC-ARRCO.

Doc. Prévoyance obligatoire - Assurance décès §1 et §2

Les pièges à éviter

Ne comptez pas sur la Sécu pour garder votre salaire

Le régime obligatoire vous verse au mieux la moitié de votre revenu, sous plafond et pour un temps limité. Chiffrez toujours l’écart réel avec votre train de vie avant de vous rassurer.

N’oubliez pas l’invalidité

C’est le risque le plus coûteux car il peut durer jusqu’à votre retraite, et pourtant le plus souvent négligé. Traitez-le en priorité, avant même le décès et l’arrêt maladie.

Vérifiez que votre clause bénéficiaire est à jour

Un concubin ou un partenaire de PACS n’est protégé que s’il est expressément nommé. Une clause obsolète peut envoyer le capital à la mauvaise personne.

Méfiez-vous des exclusions cachées

Sport à risque, suicide la 1re année, alcool, troubles psy : un contrat peut sembler complet et ne rien verser le jour venu. Lisez les exclusions avant de signer.

Demandez si la prime affichée est nette ou brute de taxe

La taxe sur les conventions d’assurance (TCAS) peut changer le prix réel. Clarifiez ce point avant tout chiffrage pour comparer les offres à égalité.

Vérifiez vos réflexes

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En arrêt maladie ordinaire, quelle part de votre revenu la Sécurité sociale verse-t-elle au mieux ?

Hors accident du travail, les indemnités valent environ 50 % du revenu, plafonnées à 1,4 SMIC, après 3 jours de carence.

Le capital décès du régime général, c’est...

Le capital décès est forfaitaire, versé en priorité aux personnes à charge : c’est le principal trou à combler par une assurance décès ou de l’assurance-vie.

En invalidité de 2e catégorie (vous ne pouvez plus exercer), votre pension représente environ...

La 2e catégorie donne 50 % du salaire annuel moyen ; la 1re catégorie, seulement 30 %.

Et dans les situations plus fines ?

Cas avancé

Croire sa famille à l’abri grâce à un vieux contrat — jusqu’à l’audit

Sabine, 41 ans, est le seul salaire du foyer : deux enfants, un crédit immobilier en cours. Elle dort tranquille car elle a signé une assurance décès il y a dix ans et pense qu’entre ce contrat et la Sécurité sociale, les siens seraient protégés. Ce qu’elle ignore : au décès, le régime général verse un capital forfaitaire, en une fois, qui aide sur le moment mais ne remplace pas le revenu, qui, lui, s’arrêterait net. Personne n’a jamais chiffré ce que sa famille toucherait vraiment, ni vérifié qui recevrait l’argent, ni regardé le risque le plus lourd : l’invalidité, qui peut durer des années.

Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller audite les trois risques un par un et chiffre l’écart réel au décès — capital restant dû du crédit, plus le revenu à reconstituer pour le conjoint et les enfants — au lieu de se fier au seul capital forfaitaire. Il relit la clause bénéficiaire du vieux contrat, souvent devenue obsolète, pour qu’elle désigne bien les bonnes personnes, traque les doublons avec une éventuelle garantie collective, et replace l’invalidité — le trou le plus coûteux et le plus oublié — en tête des priorités.

Cas avancé

Faire porter sa prévoyance par sa société pour effacer la taxe

Karim, 44 ans, gérant de sa société à l’IS, paie chaque mois un contrat de prévoyance individuel qui couvre l’arrêt de travail, l’invalidité et le décès. Ce qu’il ignore : sur un contrat individuel, une taxe vient s’ajouter à sa prime. En logeant la même protection dans un contrat collectif porté par sa société, dont au moins 80 % de la cotisation couvre ces risques, cette taxe disparaît. À garanties identiques, la facture baisse.

Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller vérifie que le contrat franchit bien le seuil des 80 % qui ouvre l’exonération de taxe, compare le coût net réel des deux montages et cadre la mise en place au niveau de la société sans dégrader les garanties.

Chaque situation est particulière

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Références officielles

Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.

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