Or, métaux précieux, art : ce que vous devez savoir
Comprendre comment acheter, revendre et transmettre de l'or ou des objets précieux, et quel impôt vous paierez à la revente.
L'or, les métaux précieux, les œuvres d'art, le vin ou les chevaux de course diversifient votre patrimoine, mais ce sont des actifs non régulés : pas de marché organisé, frais élevés, revente incertaine. À la revente, vous avez le choix entre deux impôts : une taxe forfaitaire sur le prix de vente (appliquée automatiquement) ou, sur option, l'imposition de votre seul gain avec un avantage pour les longues détentions. Tout se joue sur une chose : garder vos justificatifs d'achat dès le premier jour.
Faites le test : êtes-vous concerné ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
Les chiffres à connaître
Les points clés, en clair
Deux impôts possibles à la revente
Quand vous revendez des métaux précieux ou des objets précieux, l'État applique par défaut une taxe forfaitaire sur le prix de vente. Vous pouvez à la place opter pour l'imposition de votre seul gain (la plus-value). Le choix se fait vente par vente.
Les taux de la taxe forfaitaire
Elle est de 11 % pour les métaux précieux (or, argent, platine) et de 6 % pour les bijoux, objets d'art, de collection ou d'antiquité, plus une CRDS de 0,5 % si vous êtes domicilié en France. Elle porte sur le prix total, sans déduire aucune commission.
L'option « plus-value » récompense la durée
Si vous optez, vous êtes imposé à 19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux sur votre seul gain, avec un abattement de 5 % par an au-delà de la 2e année. Résultat : au bout de 22 ans, vous ne payez plus rien. Cette option est irrévocable.
Exemple chiffré concret
Un lingot vendu 40 000 €, acheté 25 000 € il y a 12 ans : la taxe forfaitaire coûte 40 000 × 11,5 % = 4 600 €. En optant pour la plus-value, l'impôt tombe à environ 2 715 € — à condition de prouver la date et le prix d'achat.
Un lingot vendu 40 000 €, acheté 25 000 € il y a 12 ans : quel impôt ?
Ici, prouver la date et le prix d'achat vous permet de payer moins d'impôt — à condition d'avoir gardé vos justificatifs.
Source : Exemple millésime 2026, CGI art. 150 VK et 150 VL
Ce qui piège le plus souvent
Ne jetez jamais vos factures et certificats
Sans preuve datée et précise de votre achat, vous perdez le droit d'opter pour l'imposition de votre seul gain — souvent la solution la moins chère. Ouvrez un dossier de justificatifs dès le jour de l'achat.
N'espérez aucune exonération sur les métaux précieux
Le seuil qui exonère les petits bijoux ne s'applique pas aux métaux précieux. Une petite pièce d'or revendue reste taxée quel que soit le montant.
Ne réglez jamais l'or en espèces
Le paiement en liquide est interdit, quel que soit le montant. Exigez un contrat écrit et un règlement traçable (virement, chèque, carte), à l'achat comme à la revente.
Pour aller plus loin avec votre conseiller
Une œuvre d'art dans son entreprise, déductible sur cinq ans
Sophie, 52 ans, dirige une agence de design installée en société. Elle repère la sculpture d'un artiste vivant et l'installe dans le hall d'accueil, visible des salariés et des visiteurs. Parce que l'artiste est vivant et que l'œuvre reste exposée au public (et non cachée dans son bureau), son entreprise peut déduire le prix d'achat de son résultat, par fractions égales sur cinq ans et dans une limite annuelle. Un achat plaisir devient ainsi un levier fiscal pour la société.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller vérifie les conditions strictes (artiste vivant, exposition réelle au public ou aux salariés, plafond annuel), séquence la déduction sur les cinq exercices et sécurise la facture. Il confirme surtout que le dispositif, borné dans le temps, est toujours en vigueur avant l'achat.
Payer les droits de succession avec un tableau, pas en le vendant
Bernard, 74 ans, collectionne les tableaux depuis quarante ans. Ses enfants hériteront d'une collection de valeur mais de peu de liquidités : les droits de succession seront difficiles à payer sans brader une œuvre dans l'urgence. Or la transmission d'objets précieux n'est pas soumise à la taxe de revente, seulement aux droits de succession. Et ces droits peuvent, sous accord de l'administration, être réglés en nature en remettant une œuvre à l'État — la dation en paiement — plutôt qu'en espèces.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller fait évaluer la collection selon les règles précises applicables aux objets d'art, puis chiffre l'alternative : vendre un tableau (et supporter la fiscalité de cession) ou régler les droits en remettant une œuvre. Il prépare le dossier de dation et arbitre le bon moment, avant ou après le décès.
Chaque situation est particulière
Chaque patrimoine a ses particularités : un conseiller transforme ces règles en plan d'action chiffré, adapté à votre situation.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CGI art. 150 VI
- CGI art. 150 VJ
- CGI art. 150 VK
- CGI art. 150 VL
- CGI art. 150 UA
- CGI art. 150 VC
- CGI art. 200 B
- CGI art. 298 sexdecies A
- CGI art. 764
- CGI art. 965
- CMF art. L. 112-6
- BOI-RPPM-PVBMC-20-10
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.