# Sélectionner les fonds par apprentissage automatique sous une marée d'alpha descendante

> Note méthodologique Ploovers Research : un protocole pré-enregistré, sans fuite d'information, rejoué depuis les prix bruts. La méthode telle qu'elle tourne, ses chiffres et ses limites. Version Markdown de la page https://ploovers.com/fonds/recherche.

## En bref

- Le modèle classe chaque trimestre 5 000 à 6 000 fonds éligibles en assurance-vie, du plus prometteur au plus décevant. Il produit un ordre, jamais une prévision de rendement.
- Sur 2015-2025, le panier de tête bat le fonds médian de +0,9 à +2,0 %/an (réussite 57-71 %) et le panier de queue de +2,4 à +3,2 %/an ; les 16 fenêtres de cinq ans sur 16 sont positives.
- L'essentiel de la valeur est l'évitement : le panier de queue rend −2,8 %/an face à son panier d'ETF de référence, avec 66 % d'observations négatives, contre +0,3 pour le panier de tête.
- Face à un ETF de référence à risque de perte égal, le panier fait −0,4 à +0,9 %/an sur 2015-2025 et −2,5 à −0,6 sur 2020-2025. Nous ne promettons pas de battre l'ETF de référence ; nous mesurons quand cela arrive.
- Protocole : walk-forward strict, purge d'entraînement égale à l'horizon prédit (12 mois), partages groupés par classe de parts, chaque chiffre rejoué depuis les prix bruts (accord 96,5 à 100 %).

## Chiffres clés

| Mesure | Valeur officielle | Lecture |
|---|---|---|
| Panier de tête contre fonds médian (2015-2025) | +0,9 à +2,0 %/an | réussite 57-71 %, la mesure que vend un service de sélection |
| 2020-2025 / millésimes 2024-2025 | +2,2 à +3,2 / +3,7 à +4,7 | en accélération |
| Contre 3e quartile / 1er quartile | +2,0 / +1,3 | l'avantage tient face aux bons fonds aussi |
| Écart d'alpha tête − queue (2015-2025) | +2,4 à +3,2 %/an | trois réalisations, deux conventions de cible |
| Millésimes 2024-2025 | +7,8 à +13,6 %/an | +7,0 à +12,2 après écrêtage ±30 % : fenêtres chevauchantes, indicatif |
| Panier de queue (évitement, agrégé) | −2,8 %/an | 66 % d'observations négatives, la jambe dominante de l'écart |
| M1 : tête contre queue, à CDaR égal | +0,7 à +1,9 %/an | réussite 62-67 % ; bootstrap 95 % [−0,1 ; +4,0], P(>0) = 97 % |
| M2 : comparable à l'ETF de référence (2015-2025) | −0,4 à +0,9 %/an | chevauche zéro |
| M2, 2020-2025 | −2,5 à −0,6 %/an | négatif en régime de marée basse |
| Affirmation conditionnelle (marée ≥ −0,5 %/an) | +2,4 %/an, réussite 77 % | n = 22 : critère non atteint dans le régime actuel |
| Cadence de rééquilibrage (brut) | trimestriel +2,06 / annuel +1,31 | l'enveloppe décide |
| Réplication depuis les prix bruts | 96,5-100 % | 341 fonds-millésimes ; 2025 : 90-92 % |

## Résumé

Nous testons si l'apprentissage automatique peut sélectionner ex ante, après frais, les fonds qui feront mieux que leurs pairs dans l'univers qu'un épargnant français rencontre réellement : 11 209 fonds actifs éligibles en assurance-vie (15 463 instruments), valeurs liquidatives quotidiennes 2000-2026, 86 fenêtres de 60 mois, environ 960 caractéristiques par fonds et fenêtre. Trois questions pré-enregistrées structurent la méthode.

- Q1 · la sélection. Oui, l'ordre des fonds est prévisible. Le panier de tête du modèle bat le fonds médian de sa période de +0,9 à +2,0 %/an (taux de réussite 57-71 %, trois réalisations du partage apprentissage/test ; +2,2 à +3,2 sur 2020-2025) et le panier de queue de +2,4 à +3,2 %/an. L'essentiel de la valeur est l'évitement de la mauvaise queue : le panier de queue rend −2,8 %/an (66 % d'observations négatives) contre +0,3 pour le panier de tête.
- Q2 · les étoiles. Une réplique de la mécanique des notations en étoiles sépare les fonds (+1,7 à +2,6 %/an entre cinq et une étoile), mais sa valeur est au bas de l'échelle ; à taille égale, le modèle fait +2,4 à +3,3 contre +0,6 à +1,8, et lui est quasi orthogonal (recouvrement des paniers de tête : 7-14 %).
- Q3 · les ETF. Conditionnel seulement. La « marée » (l'alpha moyen de l'univers face aux ETF de référence) est tombée à −1,7 à −2 %/an après 2020 ; elle est imprévisible au-delà de sa moyenne de long terme, et face à un ETF de référence à risque de perte égal le panier fait −0,4 à +0,9 %/an sur la décennie et −2,5 à −0,6 sur 2020-2025.

## 1. Données

Référentiel de production d'un gestionnaire de patrimoine digital français : 11 209 fonds actifs éligibles en assurance-vie, 360 fonds de la sélection conseillée, 3 876 ETF candidats comme références et 18 ETF de référence : 15 463 instruments. Valeurs liquidatives quotidiennes, dividendes réinvestis, en euros, sur 2000-2026, sans remplissage des trous. Après filtres de qualité, 5 000 à 6 000 fonds sont notés par millésime trimestriel. Les 33 catégories de référence (couverture 99,7 %) sont attribuées par les rendements eux-mêmes, jamais par l'indice de référence déclaré par le fonds.

Ce périmètre n'est pas un choix de commodité : dans un PER, une assurance-vie ou un contrat de capitalisation, l'assureur impose son univers de fonds, un menu fermé de quelques dizaines à quelques centaines de supports, où les ETF sont parfois rares ou absents. L'épargnant ne choisit pas librement ; il choisit au mieux dans le menu. Le classement ordonne donc tous les fonds du contrat, et l'alternative pratique n'est pas un indice mais le meilleur sous-ensemble du même menu.

Une convention d'alpha unique sert aux caractéristiques, aux cibles et à l'évaluation : pour chaque fonds, un panier d'ETF de référence est reconstitué par corrélation partielle multi-ETF avec garde d'inflation de variance, bêtas gelés à la formation du millésime ; alpha = moyenne annualisée du résidu. Chaque chiffre est ainsi re-dérivable depuis les prix bruts, et il l'est. Pour chaque fonds et chacune des 86 fenêtres de 60 mois, environ 960 caractéristiques : la distribution de ses alphas glissants (quantiles, dispersion, asymétrie, stabilité), ses expositions aux cinq facteurs de Fama-French (jeu européen), ses moments de rendement. Verdict d'ablation pré-enregistré : où se situe la distribution est un anti-signal, comment elle est formée est le signal.

## 2. Ce qui se prédit, et ce qui ne se prédit pas

Prédire le niveau d'alpha futur avec une chaîne de traitement naïve donne un R² de test de 0,27 : spectaculaire, et faux. Ce chiffre repose sur trois fuites d'information : des classes de parts d'un même portefeuille (corrélation de rendements > 0,995) réparties entre entraînement et test, des fuites d'information future dans les caractéristiques, une calibration des hyperparamètres sur la période d'évaluation. Sans ces fuites, le R² tombe à −0,06 : le niveau n'est pas prévisible. Reconstituer des niveaux depuis le classement donne une erreur absolue moyenne de 5,5 %, pire que prédire zéro pour tous (4,1 %).

Le problème est donc posé autrement : le modèle (gradient boosting d'histogrammes, régresseur, graine fixée) apprend une cible dé-marée, l'alpha à 12 mois du fonds moins la médiane de sa période. Il produit un ordre, consommé strictement comme un ordre. La marée pèse peu dans la variance d'un alpha individuel, mais beaucoup dans celle de l'alpha du panier de tête : elle décide de la comparaison à l'ETF de référence, pas du tri.

## 3. Protocole anti-fuite

Cinq garde-fous, dans l'ordre d'importance mesurée :

1. Walk-forward strict : le modèle ne voit que des trimestres strictement antérieurs au millésime qu'il note.
2. Purge égale à l'horizon de la cible (12 mois) : un trimestre n'entre en apprentissage que lorsque sa cible à 12 mois est entièrement réalisée. Une purge plus courte fabrique de l'alpha : dans un monde synthétique où rien n'est prévisible, une purge de 3 mois sous des cibles à 12 mois produit jusqu'à +9,2 %/an avec 100 % de réussite, une purge de 12 mois ramène l'écart à zéro ; sur nos données, environ trois quarts de l'écart naïf obtenu avec une purge de 3 mois provient d'une fuite d'information future (l'écart de confirmation passe de +6,1 à +1,3 en cible ordinale, de +4,7 à +1,3 en cible binaire).
3. Partages groupés par identité : les classes de parts d'un même portefeuille ne chevauchent jamais entraînement et test (assignation par programme linéaire en nombres entiers) ; chaque chiffre officiel doit tenir sur au moins deux réalisations disjointes du partage : trois sur la configuration de référence.
4. Mesure depuis les prix bruts : chaque écart officiel est recalculé depuis les valeurs liquidatives par un chemin de code indépendant, accord de 96,5 à 100 % sur 341 fonds-millésimes (critère d'acceptation : 95 %, sinon publication bloquée).
5. Calibration hors pli uniquement, à l'intérieur de la boucle walk-forward.

Gouvernance : 101 expériences pré-enregistrées (critères chiffrés de succès et d'échec fixés avant calcul), 54 décisions d'architecture journalisées, résultats en fourchettes inter-réalisations, chacun des 507 passages de citation du papier vérifié contre sa source (373 soutenus, 105 resserrés, 25 contredits puis réécrits, 3 invérifiables). Le biais du survivant est mesuré plutôt qu'écarté : re-classer dans les seuls survivants déplace les écarts d'au plus 0,22 point.

## 4. Résultats officiels

Toutes les fourchettes sont des min-max sur trois réalisations indépendantes du partage apprentissage/test, sur l'ère de confirmation 2015-2025. Les comparaisons à l'ETF de référence se font à risque de perte extrême identique (CDaR 0,90 sur 60 mois glissants (la moyenne des 10 % pires baisses depuis un plus haut), en mélangeant l'ETF de référence et un fonds monétaire) jamais un panier prudent contre un ETF actions pur. Voir le tableau « Chiffres clés » ci-dessus.

La structure apprise est lente : un modèle entraîné jusqu'en 2015 puis figé conserve 91 % de l'avantage tête − queue et 64 % du tête − médian sur les 34 millésimes 2017-2025. Trois comparaisons, trois questions : A, « tête − médian » (détenir le panier de tête plutôt que les fonds que l'on détiendrait sans conseil), neutre à la marée ; B, « tête − queue » à risque égal (M1) : le classement sépare-t-il les bons des mauvais ? ; C, « tête − ETF de référence » (M2) : un investisseur indiciel doit-il se soucier des fonds ? A et B sont positives à toutes les ères et sur les 16 fenêtres de cinq ans sur 16 (pires fenêtres +0,03 et +0,12 pt/an) ; C hérite de la marée depuis 2020 (14 et 11 fenêtres positives sur 16 selon la réalisation). Par régime de marée (terciles des millésimes) : en marée basse (marée moyenne −2,9 %), M2 fait −1,55 %/an avec 27 % de réussite ; en marée moyenne (−1,2), +0,99 et 62 % ; en marée haute (+0,6), +2,13 et 77 %. Le critère de reprise pré-enregistré (marée ≥ −0,5 %/an, où la stratégie a rendu +2,4 %/an avec 77 % de réussite (n = 22)) n'est pas atteint dans le régime actuel.

## 5. Le tri contre les étoiles, et contre les frais

Une réplique de la mécanique Morningstar (MRAR 36 mois, utilité CRRA, classement intra-catégorie, distribution 10/22,5/35/22,5/10 %) donne une échelle parfaitement monotone : +1,7 à +2,6 %/an entre cinq et une étoile, réussite 71-79 %. Mais la plus grande marche est entre une et deux étoiles, et même les fonds cinq étoiles gardent un alpha futur moyen négatif (−0,7 à −0,9 %/an). À taille de panier égale, le modèle fait +2,4 à +3,3 contre +0,6 à +1,8 ; recouvrement des paniers de tête de 7 à 14 %, corrélation de rang des scores de 0,06 à 0,16.

Trier par frais et retenir les 25 fonds les moins chers donne +1,54 / +1,04 / +1,17 %/an de tête − médian selon la réalisation, contre +1,95 / +1,24 / +0,82 pour le modèle : sur cette mesure, le tri par frais rivalise. Sur tête − queue, le modèle est bien plus régulier (+2,93 à +3,42 contre +1,82 à +3,90) ; neutraliser les frais lui coûte au plus 0,35 point : le modèle n'est pas un proxy de frais.

## 6. La marée des fonds actifs

La marée (l'alpha moyen à 12 mois de tout l'univers noté face aux ETF de référence) vaut environ −0,4 %/an avant 2020, touche un plancher de −4,0 % en 2021, puis un plateau de −1,7 à −2,0 % depuis 2023. Les rapports SPIVA la mesurent indépendamment : part des fonds actions Europe battus par leur indice à un an de 75 % (2021), 87 % (2022), 83 % (2023), 85 % (2024) et 82 % (2025) ; à dix ans, 97 % en Europe et 98 % en France. Morningstar aboutit au même constat (taux de succès des gérants actions actifs entre 25 et 35 % chaque année depuis 2022, 31,2 % en 2025). Mécanismes documentés : arithmétique de la gestion active (Sharpe 1991), asymétrie extrême des rendements individuels des actions (Bessembinder 2018), érosion de l'alpha avec la taille de l'industrie (Pástor, Stambaugh & Taylor 2015), équilibre information-passif (Grossman & Stiglitz 1980 ; Gârleanu & Pedersen 2018). Attribution 2021-2025 : une marée, pas un pari : poids de catégories stables, cinq des six grandes catégories perdent de l'alpha moyen entre 2015-2020 et 2021-2025.

## 7. Cadence et enveloppe

Le signal est frais au premier trimestre. En brut, rééquilibrer chaque trimestre rend +2,06 %/an sur le fonds médian contre +1,35 en semestriel, +1,31 en annuel et +1,03 en biennal, au prix d'une rotation de 305 % par an (166, 83 et 45 % pour les autres cadences). Nets à 10 / 25 / 50 points de base par rotation : trimestriel +1,76 / +1,30 / +0,54 ; semestriel +1,18 / +0,93 / +0,52 ; annuel +1,22 / +1,10 / +0,89 ; biennal +0,99 / +0,92 / +0,81. L'enveloppe décide donc de la cadence optimale, pas le modèle : gratuite en assurance-vie, l'avantage trimestriel se referme à 25 points de base et s'inverse à 50. Une hystérésis de rang, garder un fonds tant qu'il reste parmi les 100 premiers, ramène la rotation annuelle de 75-79 % à 47-49 % sans coût mesuré.

## 8. Ce qui ne marche pas

- Le niveau est inapprenable : la note est un ordre ; converti en niveau, il fait pire que prédire zéro. Toute lecture du type « ce fonds fera +X % » est exclue du produit.
- Le panier ne bat pas l'ETF de référence en marée basse : M2 chevauche zéro sur la décennie et est clairement négatif en 2020-2025.
- Les hyperparamètres bougent peu, la purge bouge tout : le balayage d'hyperparamètres déplace l'écart d'au plus ±0,13 point ; écrêter les queues de la cible coûte 0,4 à 0,7 point ; le boosting vaut +1,3 point face à une régression ridge.
- Les fourchettes publiées sous-estiment la dispersion : deux reconstructions du partage ne partagent que 283 des 1 543 fonds de test canoniques ; un quatrième tirage donne +0,84 %/an de tête − médian et +1,45 de tête − queue (contre +1,96 et +3,39 canoniques). La revendication défendue est le signe et la stabilité des écarts, pas leur magnitude ponctuelle.

## 9. Limites

- Tout est simulation historique ; une vingtaine d'observations annuelles indépendantes seulement.
- Les fenêtres 2024-2025 (+7,8 à +13,6 %/an d'écart) sont chevauchantes et indicatives ; elles ne doivent jamais être extrapolées.
- Biais du survivant partiellement non quantifiable ; métadonnées actuelles (frais, type de gestion) appliquées à l'historique.
- Périmètre : fonds en euros éligibles à l'assurance-vie française ; l'implémentabilité repose sur des arbitrages gratuits (rotation ≈ 73 %/an du panier de production), non transposable telle quelle en compte-titres taxé.
- Le bas du classement n'est publié qu'en agrégats : le produit ne nomme pas les plus mauvais fonds.

## 10. Suivi en conditions réelles

Deux paniers officiels de 25 fonds (détention 12 mois) : le panier « relatif » (panier de tête sans contrainte, une classe de parts par portefeuille, indiciels exclus, trois fonds au plus par catégorie) et le panier « comparable ETF » (corrélation à l'ETF de référence ≥ 0,6, volatilité ≥ ½ de la sienne). Protocole engagé à l'avance : métriques calculées uniquement depuis les prix, seuils publiés avant le premier relevé. Confirmation : écart tête − queue ≥ +1,5 %/an et M2 ≥ 0 sur deux trimestres consécutifs. Alerte : écart < 0 ou M2 < −2 %/an. Les relevés trimestriels sont publiés au fil de l'eau, y compris s'ils déclenchent l'alerte. Le classement alimente aussi les fiches fonds du site : chaque fonds y porte son rang, vérifiable par ISIN.

## Questions fréquentes

**Que prédit exactement le modèle ?**

Un ordre, jamais un niveau. Le modèle apprend l'alpha à 12 mois d'un fonds moins la médiane de sa période, puis classe 5 000 à 6 000 fonds par trimestre. Reconstituer des niveaux depuis ce classement donne une erreur absolue moyenne de 5,5 %, pire que prédire zéro pour tous (4,1 %). Toute lecture du type « ce fonds fera +X % » est exclue du produit.

**Le panier de fonds sélectionnés bat-il l'ETF de référence ?**

Pas de façon inconditionnelle. Face à un ETF de référence pris au même risque de perte extrême (mesure M2), le panier fait −0,4 à +0,9 %/an sur 2015-2025 et −2,5 à −0,6 %/an sur 2020-2025. L'avantage n'apparaît qu'en marée moyenne ou haute : quand la marée est supérieure ou égale à −0,5 %/an, la stratégie a rendu +2,4 %/an avec 77 % de réussite (n = 22). Ce critère n'est pas atteint dans le régime actuel.

**À quoi sert un classement de fonds si les ETF font mieux ?**

À faire au mieux dans un univers que l'on ne choisit pas. Dans un PER, une assurance-vie ou un contrat de capitalisation, l'assureur impose son menu de fonds : quelques dizaines à quelques centaines de supports, où les ETF sont parfois rares ou absents. Le classement ordonne tous les fonds du contrat : le panier de tête bat le fonds médian de +0,9 à +2,0 %/an et le panier de queue de +2,4 à +3,2 %/an (2015-2025), et le panier de queue rend −2,8 %/an. L'alternative pratique n'est pas un indice mais le meilleur sous-ensemble du même menu ; quand l'enveloppe le permet (compte-titres, PEA), les ETF restent le socle par défaut.

**Qu'appelle-t-on la « marée » ?**

L'alpha moyen à 12 mois de tous les fonds notés, c'est-à-dire ce que rapporte le fonds actif typique face à son panier d'ETF de référence. Elle vaut environ −0,4 %/an avant 2020, touche un plancher de −4,0 % en 2021 et se stabilise entre −1,7 et −2,0 % depuis 2023. Les rapports SPIVA la mesurent indépendamment : 75 à 87 % des fonds actions Europe sont battus par leur indice à un an sur 2021-2025.

**Pourquoi la purge d'entraînement est-elle égale à l'horizon prédit ?**

Parce qu'une purge plus courte fabrique de l'alpha à partir de rien. Dans un monde synthétique où rien n'est prévisible, une purge de 3 mois sous des cibles à 12 mois produit jusqu'à +9,2 %/an avec 100 % de réussite ; une purge de 12 mois ramène l'écart à zéro. Sur nos données, l'écart de confirmation passe de +6,1 à +1,3 %/an entre les deux réglages : environ trois quarts de l'écart naïf provient d'une fuite d'information future.

**Le modèle fait-il mieux que les notations en étoiles ?**

Oui, et il leur est presque orthogonal. Une réplique de la mécanique des étoiles sépare bien les fonds (+1,7 à +2,6 %/an entre cinq et une étoile, réussite 71-79 %), mais les fonds cinq étoiles gardent un alpha futur moyen négatif (−0,7 à −0,9 %/an). À taille de panier égale, le modèle fait +2,4 à +3,3 %/an contre +0,6 à +1,8 pour les étoiles ; les deux paniers de tête ne se recouvrent qu'à 7-14 % et la corrélation de rang des scores est de 0,06 à 0,16.

**À quelle cadence le panier est-il rebalancé ?**

Chaque année en production. En brut, la cadence trimestrielle rend +2,06 %/an de tête − médian contre +1,31 en annuel, mais elle impose une rotation de 305 % par an contre 83 %. À 50 points de base de coût par rotation, le net trimestriel tombe à +0,54 contre +0,89 en annuel : l'enveloppe décide de la cadence, pas le modèle. Une hystérésis de rang (garder un fonds tant qu'il reste parmi les 100 premiers) ramène la rotation annuelle de 75-79 % à 47-49 % sans coût mesuré.

**Quelles sont les limites de la méthode ?**

Tout est simulation historique : une vingtaine d'observations annuelles indépendantes, des fenêtres 2024-2025 chevauchantes et indicatives, un biais du survivant partiellement non quantifiable. Les fourchettes publiées sous-estiment la dispersion : un quatrième tirage du partage apprentissage/test donne +0,84 %/an de tête − médian et +1,45 de tête − queue, contre +1,96 et +3,39 pour la réalisation canonique. La revendication défendue est le signe et la stabilité des écarts, pas leur magnitude ponctuelle.

**Comment le suivi en conditions réelles est-il jugé ?**

Deux paniers officiels de 25 fonds sont suivis avec des seuils fixés avant le premier relevé. Confirmation : écart tête − queue supérieur ou égal à +1,5 %/an et M2 supérieur ou égal à zéro sur deux trimestres consécutifs. Alerte : écart négatif ou M2 inférieur à −2 %/an. Les relevés trimestriels sont publiés, y compris s'ils déclenchent l'alerte.

## Glossaire

- **Alpha** : rendement d'un fonds au-delà de ce qu'expliquent ses expositions à son panier d'ETF de référence, annualisé et mesuré ici après frais.
- **Panier d'ETF de référence** : combinaison d'ETF reconstituée par corrélation partielle pour se comporter comme le fonds ; c'est face à elle que l'alpha est mesuré.
- **Marée** : alpha moyen à 12 mois de l'ensemble des fonds notés ; elle décide de la comparaison à l'ETF de référence, pas du tri.
- **Cible dé-marée** : alpha à 12 mois d'un fonds moins la médiane de sa période ; la grandeur que le modèle apprend.
- **Purge d'entraînement** : délai entre le dernier trimestre d'entraînement et le millésime évalué ; égal à l'horizon prédit, soit 12 mois.
- **Walk-forward** : protocole où le modèle ne voit que des trimestres strictement antérieurs au millésime qu'il note.
- **Fuite d'information future** : utilisation involontaire, à l'entraînement, d'une information qui n'existait pas encore à la date simulée.
- **Millésime** : trimestre de formation d'un classement ; chaque millésime note 5 000 à 6 000 fonds à partir d'une fenêtre de 60 mois.
- **Réalisation du partage** : un tirage du partage apprentissage/test groupé par portefeuille ; chaque chiffre officiel tient sur trois réalisations indépendantes.
- **M1** : écart entre le panier de tête et le panier de queue comparés à risque de perte extrême égal (à CDaR égal).
- **M2** : écart entre le panier de tête et un mélange d'un ETF de référence et d'un fonds monétaire de même risque de perte extrême ; la mesure « comparable à l'ETF de référence ».
- **À CDaR égal (à CDaR égal)** : comparaison à risque égal, le risque étant le CDaR 0,90 : la moyenne des 10 % pires baisses depuis un plus haut, sur 60 mois glissants.
- **Évitement** : part de l'écart obtenue en ne détenant pas le panier de queue (−2,8 %/an) plutôt qu'en détenant le panier de tête (+0,3 %/an).
- **Classe de parts** : version d'un même portefeuille distribuée sous un ISIN distinct ; jamais séparée entre entraînement et test.

## Sources

- Rousseau, M., « Machine-Learning Fund Selection Under a Falling Alpha Tide: A Pre-Registered, Replication-First Protocol for European Life-Insurance Fund Universes », Ploovers Research : source de cette note.
- Rousseau, M., « Predicting Mutual Fund Alpha: A Survey of Six Decades of Evidence », Ploovers Research.
- Sharpe (1966, 1991) ; Jensen (1968) ; Grossman & Stiglitz (1980) ; Carhart (1997) ; Wermers (2000) ; Friedman (2001) ; Berk & Green (2004) ; Chekhlov, Uryasev & Zabarankin (2005) ; Kosowski, Timmermann, Wermers & White (2006) ; Barras, Scaillet & Wermers (2010) ; Fama & French (2010, 2015) ; Pástor, Stambaugh & Taylor (2015) ; Heaton, Polson & Witte (2017) ; Bessembinder (2018) ; Gârleanu & Pedersen (2018) ; Harvey & Liu (2018) ; Gu, Kelly & Xiu (2020) ; Jones & Mo (2021) ; DeMiguel, Gil-Bazo, Nogales & Santos (2023) ; Kaniel, Lin, Pelger & Van Nieuwerburgh (2023) ; Fausch et al. (2025).
- S&P Dow Jones Indices, SPIVA Europe Scorecard ; Morningstar, European Active/Passive Barometer ; ESMA, Costs and Performance of EU Retail Investment Products ; AMF, Analyse des frais des fonds de droit français.
- Versions intégrales des papiers (anglais) disponibles sur demande à contact@ploovers.com. Liste complète des références sur la page https://ploovers.com/fonds/recherche.

## Pages liées

- La méthodologie Ploovers : https://ploovers.com/company/approach (Markdown : https://ploovers.com/company/approach.md)
- L'Advisor Alpha, quantifié : https://ploovers.com/company/approach/advisor-alpha (Markdown : https://ploovers.com/company/approach/advisor-alpha.md)
- Ce que votre fonds vous rapporte vraiment (version grand public) : https://ploovers.com/fonds/methodologie (Markdown : https://ploovers.com/fonds/methodologie.md)
- Pourquoi votre portefeuille contient beaucoup de « petites » lignes : https://ploovers.com/invest/guide/diversification (Markdown : https://ploovers.com/invest/guide/diversification.md)
- Fiches fonds (recherche par ISIN) : https://ploovers.com/fonds : chaque fiche existe aussi en Markdown : https://ploovers.com/fonds/{ISIN}.md

## Avertissement

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